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L'inévitable imprévu

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Georges Allaire
Envoyé Le mardi 13 mai 2008 08:00



L'ADQ devait s'écraser après son succès de l'an dernier. En effet, on a fait bien du bruit avec son résultat électoral, mais il fallait quand même noter que deux tiers des Québécois n'étaient pas adéquistes et que l'ADQ avait inévitablement contre elle l'ensemble des rêveurs à plume du Québec. La formation universitaire et collégiale québécoise a été massivement "sociale-démocrate" (ou sociale-bureaucrate) tandis que le restant de la formation intellectuelle se réfugiait dans le vide comptable que l'on appelle libéral. L'insuccès du P.Q. sur le terrain et l'obsession libérale de Jean Charest d'imiter le P.Q. ont créé un vide favorable à l'ADQ. Mais la déresponsabilisation du P.Q., qui n'était plus au pouvoir, et l'imitation adéquiste de Jean Charest ont volé à l'ADQ son plein d'insatisfaits pendant que les érudits ont sans cesse critiqué ce qui n'était pas eux dans l'ADQ, i.e. l'ADQ tout simplement.

À côté de ces deux obstacles majeurs, les gaffes ou les traits de génie de Mario Dumont ne faisaient pas le poids. Aussi meurt-il à nouveau jusqu'à ce que le projet québécois devienne aussi moribond que le dupléssisme en son temps et jusqu'à ce que les nouveaux Québécois aient enterrés les Québécois sans descendance. Le Québec se tournera-t-il alors vers Mario Dumont ou de nouveaux visages prendront-ils le virage, le laissant dans le cirage? L'avenir n'est jamais écrit d'avance. Il se constate uniquement lorsqu'il est passé.

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