Poutine inaugure la collection d'art de Rostropovitch
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Saint-Pétersbourg -- Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, poursuivant sur sa lancée «présidentielle», a inauguré hier la gigantesque collection d'art du musicien Mstislav Rostropovitch, rapportée en Russie grâce à l'intervention d'un «oligarque».
Et pour une première, tous les symboles étaient réunis: une histoire d'artistes de génie et d'amour de la Russie, un palais impérial reconstruit sous la présidence Poutine... le tout très loin d'un déplacement de premier ministre dans la Russie profonde.
Assemblée par le célèbre violoncelliste décédé en avril 2007 et son épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa, la collection compte quelque 900 objets, dont des toiles des peintres russes Ilia Repine, Valentin Serov et Boris Grigoriev, ainsi que des porcelaines impériales, statuettes de malachite, émaux, etc.
Les oeuvres, accumulées sur une trentaine d'années, ont été conservées dans deux appartements du couple, l'un à Londres, l'autre à Paris, tant qu'a duré son exil, en raison de son soutien à l'écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne en 1970. Victime de représailles, le musicien avait émigré à l'Ouest en 1974. En 1978, il avait été déchu de la nationalité soviétique et ne s'est réconcilié avec son pays qu'après la chute de l'URSS. Sa veuve, Mme Vichnevskaïa, a expliqué pendant la cérémonie qu'elle avait tenté grâce aux oeuvres de se «recréer une maison russe à l'étranger».
M. Poutine s'est félicité que les Rostropovitch, eux-mêmes de «grands représentants de la culture russe», aient su «sauvegarder de vrais chefs-d'oeuvre pour le monde, et, ce qui est très important pour nous, pour la Russie».
Le lieu retenu pour exposer les oeuvres ne doit rien au hasard. Le palais Constantin, situé à Strelna, à 15 kilomètres de Saint-Pétersbourg, a été restauré sur l'ordre du président Poutine qui y accueillait ses hôtes étrangers, comme au sommet du G8 en 2006.
Mais il s'en est fallu de peu que la collection Rostropovitch ne soit dispersée aux enchères. Les oeuvres devaient initialement être vendues par la maison Sotheby's, mais ont finalement été achetées en bloc par le magnat de l'acier et du gaz Alicher Ousmanov pour 72 millions. Il les a ensuite offertes à l'État russe.

