Serbie : les pro-européens serbes sont mis au défi de gouverner
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Le président Boris Tadic cherche des alliés

Photo: Agence Reuters
«Le DS jouera un rôle clé dans le futur gouvernement serbe», a assuré M. Tadic, en admettant toutefois que les négociations pour former un nouveau gouvernement seraient difficiles.
«Victoire historique de la Serbie européenne», a titré le quotidien Danas. «Triomphe de Tadic», a renchéri le tabloïd Press tandis que la Bourse de Belgrade faisait un bon de près de 13 %.
Mais l'ultranationaliste Tomislav Nikolic a douché cet enthousiasme, mettant les pro-européens au défi de pouvoir gouverner. «Il existe une possible coalition sans le DS», a-t-il dit.
Des projections font apparaître que la coalition pro-européenne disposera de 103 sièges dans le nouveau parlement sur un total de 250. Les ultranationalistes du SRS en obtiendront 77.
Le SRS devrait pouvoir compter sur le soutien du Parti démocratique de Serbie (DSS) du premier ministre sortant, Vojislav Kostunica, dont le nationalisme s'est considérablement renforcé depuis l'indépendance du Kosovo, proclamée le 17 février. Avec 11 % des voix, le DSS, allié à la petite formation populiste Nouvelle Serbie (NS), devrait obtenir 30 sièges.
Pro-européens et nationalistes seront donc presque à égalité au parlement: 103 sièges pour les premiers, 107 pour les seconds.
«Les résultats sont un fort encouragement pour les forces pro-européennes», souligne toutefois l'analyste Milan Nikolic. «Elles doivent agir pour utiliser au mieux ce potentiel», a-t-il ajouté.
L'amertume que de nombreux Serbes ont ressenti après l'indépendance du Kosovo semblait devoir profiter aux ultranationalistes. Mais les pro-européens ont tiré parti du soutien que l'Union européenne leur a accordé à la veille du scrutin.
Bruxelles a effet signé avec Belgrade l'Accord de stabilisation et association (ASA), premier pas vers l'adhésion de la Serbie à l'UE, et 17 pays de l'Union ont accordé la gratuité des visas à la grande majorité des citoyens serbes.
Le gouvernement albanais du Kosovo s'est félicité avec prudence de la victoire des pro-européens. «La formation d'un gouvernement démocratique en Serbie facilitera [...] le dialogue et la coopération dans la région», a dit le vice-premier ministre kosovar Hajredin Kuci.
Belgrade avait appelé les Serbes du Kosovo à participer aux élections au grand dam des autorités kosovares et de la Mission de l'ONU qui administre le territoire depuis la fin de la guerre de 1998-1999.
Le scrutin a permis aux Serbes de confirmer leur volonté de maintenir le cap pro-occidental adopté après la chute en 2000 du régime autoritaire de Slobodan Milosevic. Confrontés à la précarité économique, ils ont vraisemblablement été attirés par les bénéfices que leur pays retirerait d'une adhésion à l'UE.
Mais, paradoxalement, le Parti socialiste (SPS) du défunt Milosevic qui avec 8 % des voix obtiendrait 20 sièges, est désormais en position d'arbitre. «Nous soutenons l'intégration de la Serbie à l'UE, mais avec de nouvelles discussions sur le Kosovo», a récemment déclaré le chef du SPS Ivica Dacic laissant ainsi entendre qu'une alliance avec les pro-européens n'était pas impossible.

