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Patrice-Hans Perrier
Envoyé Le lundi 12 mai 2008 11:00



Je pratique le journalisme comme indépendant depuis le début des années 2000 et je réalise que la liberté de presse...fond comme neige au soleil. Avec cette prétendue convergence des médias. c'est la validité des sources d'informations qui est remise en question.

Dans les conférences de presse, il n'y a de la place que pour les questions des journalistes des grands groupes. Les indépendants de mon acabit tentent de se faufiler, d'ouvrir le jeu et de poser des questions non convenues. Mais, c'est souvent peine perdue. L'agenda médiatique est réglé au quart de tour, plusieurs semaines à l'avance. Les relationnistes décident que le ministre fera sa prochaine sortie public en réponse aux attaques de l'opposition, et en prévision du prochain budget ou d'une motion attendue, et les journalistes font semblant de créer la nouvelle. En fait, il n'y a pas de nouvelle, c'est comme un scénario qui a été écrit il y a déjà fort longtemps.

Gesca et Quebecor, c'est comme les Républicains et les Démocrates dans mon livre à moi, c'est bonnet blanc, blanc bonnet. Curieusement, alors que les deux grands ressassent leurs insanités à propos des frasques amoureuses du ministre Bernier, personne ne questionne la pertinence de la présence de nos troupes en Afghanistan. Il est assez patent que les USA, et leurs fidèles alliés, tentent d'encercler la Russie et de reprendre le control comme opérateurs pétroliers et gaziers dans la région. Les Américains veulent s'occuper de la distribution du gaz russe vers l'Europe, autrement dit, prélever une part des profits gaziers. N'oublions pas, aussi, que l'Afghanistan est le plus grand producteur d'opium au monde, un autre marché à saisir pour la CIA et les autres agences paragouvernementales qui dictent la marche à suivre.

Le Canada n'a pas à s'impliquer dans les guerres économiques que le géant américain livre aux quatre coins du globe. Mais, ça, les grands médias ne le soulignent pas... trop occuper à documenter les frasques de la classe politique ou les crises existentielles de nos plates divas.

On attend toujours que les quotidiens Le Monde ou The Washington Post relance les véritables questions pour ... réagir. D'ici là, nos «géants» de l'information poursuivent leur travail de désinformation systématique.

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