Liban - Calme à Beyrouth, combats à Aley

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Reuters
Édition du lundi 12 mai 2008

Mots clés : combats, Ligue arabe, Forces armées, Liban (pays)

La Ligue arabe appelle à un cessez-le-feu entre les factions rivales

La tension était encore vive hier au Liban, notamment dans le nord du pays et dans des régions druzes proches de Beyrouth, entre partisans du gouvernement et de l'opposition. Il en allait autrement dans la capitale même, et à Tripoli (notre photo) où l'armée libanaise a finalement pris position.

Photo: Agence Reuters

Beyrouth -- La Ligue arabe a lancé hier un appel à l'arrêt immédiat des affrontements entre factions au Liban et à l'interposition de l'armée régulière entre belligérants. Cela n'a pas empêché des combats d'éclater hier à Aley entre des combattants armés du Hezbollah et des miliciens druzes de Walid Djoumblatt, l'un des piliers de la coalition majoritaire, combats qui ont fait au moins huit morts.

Le calme était en revanche revenu dans la capitale, quadrillée par l'armée régulière appuyée par des blindés, à la suite du retrait la veille des miliciens chiites du Hezbollah des secteurs de Beyrouth-Ouest dont ils avaient pris le contrôle de force jeudi et vendredi.

Le Hezbollah et des combattants druzes alliés ont pris le contrôle de plusieurs villages de la région d'Aley, ont rapporté des sources au sein des services de sécurité. Ces combats ont porté le bilan des combats de ces cinq derniers jours, dans le nord et l'est du pays, à 53 morts et au moins 150 blessés.

Les affrontements ont cependant connu une accalmie et l'armée a commencé à se déployer à Aley après que Djoumblatt eut demandé à l'un de ses rivaux, Talal Arsalan, proche de l'opposition, d'intercéder auprès du Hezbollah pour obtenir un arrêt des combats. «Je dis à mes partisans que la paix civile, la coexistence et l'arrêt de la guerre et de la destruction sont plus importants que toute autre considération», a déclaré Djoumblatt sur la chaîne de télévision LBC.

Réunis d'urgence au Caire, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont appelé à un cessez-le-feu entre factions rivales libanaises et à un retrait des hommes armés des zones d'affrontement pour permettre le déploiement de l'armée. La Ligue a par ailleurs annoncé l'envoi immédiat à Beyrouth d'une délégation conduite par son secrétaire général Amr Moussa et par le premier ministre du Qatar afin de tenter de mettre fin au conflit fratricide, le pire depuis 18 ans.

Depuis que le gouvernement de Siniora a accusé demain le Hezbollah d'atteinte à la souveraineté du Liban en entretenant un réseau de télécommunications parallèle à celui de l'État et d'avoir installé des caméras d'espionnage à l'aéroport de Beyrouth, son bras de fer avec l'opposition, qui dure depuis 17 mois, a pris un tour violent.

Après la prise de contrôle de Beyrouth-Ouest, fief de la majorité sunnite qui domine le gouvernement, par les miliciens chiites, Siniora a demandé à l'armée, religieusement composite mais jusque-là neutre, d'intervenir. Son entrée en scène a permis le retour au calme à Beyrouth. Elle a décidé de s'occuper elle-même de l'affaire du réseau de télécommunications parallèles du Hezbollah promettant de concilier les intérêts de l'État et la sécurité du mouvement chiite et a décidé de revenir sur le limogeage de l'officier chiite chargé de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth.

Les combattants armés du Hezbollah ont accepté en contrepartie de remettre à l'armée le front de mer et Beyrouth-Ouest mais leur militants politiques maintiennent leur campagne de désobéissance civique lancée mercredi à la faveur d'une grève générale pour obtenir satisfaction de leurs revendications politiques.

Ainsi, si des centaines de militaires ont repris le contrôle de la partie musulmane de Beyrouth -- les quartiers chrétiens de l'Est avaient été épargnées par la démonstration de force du Hezbollah --, de jeunes militants chiites continuent de bloquer plusieurs routes.


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