Tabac de contrebande - Dumont prône une intervention policière

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La Presse canadienne
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 mai 2008

Mots clés : contrebande de tabac, Mario Dumont, Autochtone, Tabac, Québec (province)

Québec -- Mario Dumont prône une intervention policière musclée sur le territoire de la réserve de Kahnawake afin que cesse la contrebande de tabac.

Le chef de l'Action démocratique a demandé hier au gouvernement Charest de faire appliquer la loi et de ne pas céder à la menace du chef mohawk de Kahnawake, Michael Delisle, qui laisse planer une possible fermeture du pont Mercier advenant une intervention de la Sûreté du Québec ou de la GRC.

«Quand on ne fait rien, la contrebande s'amplifie et il y a une poignée de contrebandiers qui tiennent le reste du Québec en otage, et ça, ça ne peut pas continuer», a confié M. Dumont lors d'un entretien téléphonique, après avoir rencontré un propriétaire de dépanneur de Saint-Philippe, près de la réserve, qui se plaint de la concurrence déloyale des contrebandiers.

Le chef adéquiste soutient que le gouvernement ne peut plus tolérer que soient vendues sous ses yeux des cigarettes illégales au coût de 6 $ la cartouche, au détriment des détaillants qui respectent la loi, et alors qu'il perd des revenus de taxes de 200 à 300 millions de dollars annuellement.

M. Dumont ne souhaite aucune effusion de violence mais déplore que le triste souvenir de l'intervention ratée à Oka, en juillet 1990, paralyse le gouvernement.

Selon lui, la SQ et la GRC doivent chercher à obtenir la collaboration des peacekeepers «autant que possible», sans que cela les empêche d'agir. Il soutient que même la population de Châteauguay ne craint pas qu'une opération policière en territoire mohawk ne dégénère.

Le ministre du Revenu, Jean-Marc Fournier, croit pour sa part qu'un coup de force de la SQ et de la GRC pour démanteler les stands de tabac de contrebande constitue un trop grand risque.

«Depuis le rapport Gilbert [sur les événements d'Oka], ni le PQ, ni nous, qui avons formé les gouvernements, n'avons décidé de faire entrer la cavalerie, en raison de l'expérience de 1990», a dit le ministre, rappelant le décès du caporal Marcel Lemay. «On ne peut pas être aussi irresponsable et ignorant que Mario Dumont [...] et dire qu'on va rentrer dans le tas», a-t-il ajouté.

M. Fournier, qui est aussi député de Châteauguay, n'a pas caché son dégoût devant la menace brandie par le chef mohawk de Kahnawake, mais il a argué que son gouvernement déploie des efforts efficaces de lutte contre la contrebande, sans fléchir devant l'intimidation. «C'est inacceptable, ce que dit le chef Delisle, ça nous déplaît énormément, mais c'est loin de nous paralyser», a-t-il dit.


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