Mots clés : Patrick Chamoiseau, Livre, Montréal, France (pays)
Le romancier, qui se déclare indépendantiste, affirme dans un entretien que « nous sommes tous créoles »
Photo: Agence France-Presse
Patrick Chamoiseau, de passage à Montréal à l'invitation du Groupe d'histoire de l'Atlantique française, a retracé, pour un auditoire nombreux et fasciné, les grandes lignes de sa démarche. À propos de Césaire d'abord, puisque l'actualité l'y invitait, il a rappelé une phrase de l'Éloge de la créolité: «Nous sommes à jamais fils de Césaire.» Devant une mort aussi considérable, a-t-il avoué, la première réaction est de se taire pour laisser parler les textes. Césaire, a-t-il aussitôt ajouté, «fait partie de mes fondations»: «Je me suis très vite rendu compte que ma manière d'écrire, la rhétorique que j'utilise, mon goût de certains mots, mes formulations viennent directement de Césaire parce que, durant toute mon enfance, j'ai été littéralement habité par Césaire. Pendant mon adolescence, alors que je me posais la question de savoir qui j'étais, j'avais trouvé une première naissance chez Césaire. Si l'Éloge a été perçu comme une sorte d'attentat au père, c'est moins le poète qui était contesté que sa politique, une politique non pas assimilatrice, mais pragmatique, sorte de compromis assez loin de ce qu'il faisait en poésie.»
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