Vos réactions
Sentiments d'impuissance qui n'ont pas les mêmes objets.
Mieux que quiconque, Lise Payette, vous savez ce que jamais vous n'aurez la franchise ni l'honneur d'avouer. En effet, vous savez que le NO FAULT, cette institutionnalisation de l'irresponsabilité, cette pièce législative, tout aussi inique qu'unique en Amérique, n'était que le plus tordu des résultats du puissant lobby «péquistologistique» de l'époque (1978), majoritairement constitué et piloté par les richards capitalistes et opportunistes amis d'occasion du très habile manipulateur de l'opinion publique et cardeur de la conscience fédéraliste, le magnétique et charismatique journaliste René Lévesque. Ces puissants lobbyistes ont effectivement pris René Lévesque à la gorge et ils en ont fait leur poupée chiffon. Et lui, à son tour, a décidé de vous refiler les «virus» de cette empoigne dont la contagion perdure. Il a très astucieusement choisi la très connue «appelez-moi Lise» de l'époque qui devait lui servir d'écran et surtout servir de «beau prétexte», en cette époque du zénith du féminisme de barricade, pour ouvrir les écluses de l'avalanche toute désignée des accusations de sexisme et d'antiféminisme qui allaient inonder et noyer, au besoin, ceux (des avocats particulièrement) qui allaient vous pourfendre.
Le NO FALT est toujours cet iceberg symbolisant notre impuissance et le sentiment de menace dont les Québécois n'ont que trop souvent et que trop longtemps fait les frais. C'est VOTRE NO FALT qui, SEUL, se vante des 30 ANS d'une autocratie à laquelle on a résolument tourné le dos. C'est ce triste NO FAULT commandé par René Lévesque et commandité par les magnats qui voulaient placer leurs portefeuilles à l'abri des poursuites qui risquaient de ramener, justement et équitablement, leurs comptes bancaires vers le bas, qui a fait en sorte que votre tête a été mise sur le billot et qui a fourni tous les carbures de vos frustrations et de vos sempiternelles rancoeurs et tenaces haines dont «LE POUVOIR? CONNAIS PAS», demeure, notamment et malheureusement pour vous, un bien gênant témoin, fort encombrant et que vous n'avez surtout pas le pouvoir de faire taire ...
Même si personne, vous connaissant, ne vous demandera jamais de l'avouer, la futée chroniqueuse sait mieux que quiconque que le coup de pompe, NO FAULT 1978, ne franchirait aucune des rampes de la clairvoyance du peuple québécois sur lequel les gazes ont moins d'emprise, en 2008. Même si personne, vous connaissant, ne vous demandera de le reconnaître, la malicieuse manipulatrice des mots et maligne écrivaine d'une histoire du Québec politique, une histoire dont le seul mérite tient au fait qu'elle est la sienne et ne sera à tout jamais que la sienne, n'est pas sans savoir que Jean Charest, connaissant les plaidoyers de Marc Bellemare, en faveur des victimes de l'irresponsabilité des incorrigibles chauffards qui surfaient sur les vagues de VOTRE NO FAULT, alors que les victimes jonchaient les plages, au pied des récifs de votre complaisance politique à l'égard de l'impérial potentat des Crésus qui tiennent les manettes de ce pouvoir que vous dites, bien naïvement, n'avoir jamais connu, l'avait convaincu de quitter le cabinet de sa brillante pratique professionnelle et l'avait amené à son cabinet ministériel, en 2003, dans le but de passer le NO FAULT, ce chancre de vos agenouillements devant ces «maudits hommes de pouvoir», au bistouri de ses compétences et de ses engagements professionnels et électoraux.
Même si personne, vous connaissant, ne vous demandera de consentir le moindre aveu, à cet égard, vous savez mieux que quiconque que le transfuge fédéral provincial, Jean Charest, ce parachuté d'Ottawa qui est venu au jardin du Parlement, y cultiver le JE (doublement rémunéré) de son ego démesuré tout en y découvrant, tout fasciné qu'il fut, le puissant NOUS du lobby capitaliste qui l'avait peinturé d'un rouge inconnu jusqu'en 2003, lui aussi, en moins de temps que ça prend pour l'écrire, s'est écrasé devant les affamés goujats du PLQ dont certains sont des transfrontaliers forçats bien connus, goujats, donc, qui se sont empressés de faire plier les genoux de son emphatique JE et de son pompeux NOUS d'emprunt, comme l'avait fait le transfuge libéral de l'époque, le bien intentionné et le sympathique idéaliste rêveur et surréaliste René Lévesque, le grand souverain des associations, conspué, ne faudra-t-il jamais l'oublier, par les siens et mis au rancart, se souviennent les matraques des purs et durs, par les ambitieux landrystes de la séparatiste infanterie de campagne. Vous savez, comme tout lucide Québécois le sait, que le Ministre de la Justice et libéral engagé, Marc Bellemare, ne voulant à aucun prix, plier les genoux de son honneur et de sa droiture, ni trahir bassement ses engagements, non plus que ses commettants, a littéralement débarqué du panier des crabes politiques qui semblent toujours d'ailleurs, faire saliver son chef maraudeur, l'actuel minoritaire, l'enfant chéri des commanditaires médias commandités.
Je comprends donc votre sentiment d'impuissance. Sauf que l'objet du sentiment d'impuissance dont vous faites état aujourd'hui, dans le but de vous en prendre aux libéraux du petit Sir Charest des Médias et ceux du grand Sir Couillard de Rabaska, entre autres et Dieu sait que je vous comprends, n'est pas le même que celui qu'a provoqué VOTRE NO FAULT et dont le plus frustrant des inconforts n'a pris que de l'ampleur, depuis que vous l'avez sacré et fourré dans la gorge de tous les Québécois, à l'encontre de l'intelligence et du droit jugement, en 1978, dans la plus pure tradition du mépris du politique majoritairement écrasant, à l'égard de ceux et de celles qui vont aux urnes et que les élus et élues, dans les heures qui suivent le manifeste de leurs serments et allégeances, traitent comme des cruches dont on s'empresse à bouchonner et à emprisonner l'oxygène de la mémoire.
En somme, les trois petits mots, empruntés de l'anglais, en raison de la concision, de la puissante imagerie et du large potentiel de leurs contenus respectifs, ces trois petits mots qui traduisent le très québécois sentiment d'impuissance, sont : WE «SHOULD» AND WE «WOULD», IL ONLY WE «COULD». Mais la compréhension que je suggère des trois vocables qui résument si bien notre situation, serait la suivante : «le SHOULD traduit notre détermination et notre volonté «verbales» et toujours conditionnelles, devant l'obligation et la responsabilité d'agir; le WOULD traduit l'attentisme qui nous caractérise et l'étapisme conditionnel qui tuent dans l'oeuf toute forme de mouvance qui risquerait de s'apparenter à une inéluctable marée humaine dont la possible fatalité traumatise et paralyse; le COULD traduit tout le conditionnel avec lequel les Québécois emballent leurs complicités et leurs solidarités, quand vient le temps de passer aux actes concrets et aux lendemains parfois risqués. Cet épisodique écrasement, proche parent de l'écrabouillement qui explique la presque totalité de la désertion que les intéressés ont appelée «fuites des cerveaux», quand venaient et viendront toujours les moments de s'affirmer et de s'impliquer, peut avoir, très certainement, plus d'une cause historique. Je ne tablerai pas sur celles que les séparatistes ont fait leurs. Par contre, je joins tous ceux et toutes celles qui CROIENT TOUJOURS que le catholicisme des siècles derniers, ce grand théâtre des feux de l'enfer et de la rôtisserie chez Lucifer, fut l'enclume démoniaque sur lequel, mis à rouge, nous fûmes tous façonnés. Les «Québécois que nous sommes tous», par formation autant que par déformation, déléguons notre confiance avec un tel aveuglement niais et un tel abandon béat, que nous finissons par ne plus avoir confiance et ne plus croire en nous-mêmes. C'est, à mon avis, ce qui pourrait expliquer, d'ailleurs et en très large partie, le CANNOT, dont, entre autres, QUÉBEC 2008 fait la bien gênante démonstration et dont la presque reine Michaëlle 1ère a cru bon d'aller en faire la promotion, jusqu'en France ...
Gerry Pagé
Ville de Québec
