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Québec, Jamestown, Santa Fe
Pour qui s'intéresse à cette histoire - et qui ne s'intéresserait pas aux fondements de notre implantation dans cette Amérique du Nord - il vaut la peine d'aller jusqu'à Gatineau et de visiter l'exposition intitulée «Jamestown, Québec, Santa Fe - Trois berceaux nord--américains» au Nusée canadien des Civilisations.
Cette exposition internationale originale qui vient d'ouvrir ses portes et se prolongera jusqu'au 7 septembre, présentée pour souligner le 400e anniversaire de la fondation de Québec, retrace le développement de chacun des trois premiers établissements européens en Amérique du Nord et décrit comment ces évènements ont modifié à jamais le paysage de tout un continent. Comme le précise Jean-Pierre Hardy, historien du Québec au Musée des civilisations : «À l'heure où Québec célèbre ses 400 ans de présence sur le continent, cette exposition vient à propos rappeler les débuts de notre existence dans ce coin du monde »
Outre plus de 130 objets, tableaux, cartes, documents et objets cérémoniels, d'origine tant autochtone qu'européenne, provenant de collections royales et de musées des deux côtés de l'Atlantique, l'exposition se penche sur le développement du commerce, de l'agriculture et de l'organisation sociale et religieuse dans les trois établissements, ainsi que sur leurs relations avec les peuples autochtones, dont les Powhatans, les Algonquins, les Hurons et les Pueblos.
Et c'est certainement là un des plus grands intérêts de la présentation de cette exposition, qui ne sépare pas géographiquement ou chronologiquement les trois établissements, mais les juxtapose par thèmes. Il suffit aux visiteurs de lire des panneaux fort bien faits pour comparer les façons de voir et de faire, les intérêts et les comportements différents et parfois complètement opposés des Anglais, des Français et des Espagnols, et en particulier leurs relations avec les populations autochtones.
Alors que les Anglais, implantés dans la région de la Chesapeake n'ont pas tardé à se trouver en opposition avec les Autochtones et provoqué des années de conflit, les Français ont utilisé une approche quelque peu différente en créant des alliances avec certains peuples et des tentatives d'intégration, tant pas des mariages mixtes que par une conversion à la même religion.
Il ne faut pas oublier qu'à l'époque, il n'y avait pas de frontières entre des États et les Français de la Nouvelle-France, dont Québec était le centre, ont poussé jusqu'en Louisiane, afin d'accaparer de nouveaux territoires, avant que les Anglais ou les Espagnols ne s'en emparent.
Quant aux Espagnols, ils avaient oublié qu'ils seraient inférieurs en nombre aux divers groupes aborigènes locaux et que leur domination ne se ferait pas sans mal. Et l'avancée des Français vers le golfe du Mexique allait encore compliquer la situation.
C'est donc toute uen histoire que cette exposition présente de fort belle façon et qui a l'avantage de situer historiquement la place de Québec dans le développement par les Européens de l'Amérique du Nord et la contribution particulière des Français dans cette aventure, qui aura - et a eu - des répercussions considérables sur toute la région. Comme l'expliquait Victor Rabinovitch, président de la Société du Musée canadien des civilisations, à l'ouverture de l'exposition : «C'est une histoire qui foisonne de grandes réussites et de tragédies, de conflits et d'alliances. Ce long travail d'installation et de conquête a profondément modifié l'ordre du monde et façonné la civilisation moderne.» Il vaut donc l peine de se rendre jusqu'à Gatineau, en complément des célébrations qui se déroulent à Québec. On ne peut que s'y instruire sur notre histoire.
