L'art du kidnapping
Mots clés : Stephen Harper, Michaëlle Jean, Québec (province), Canada (Pays)
Ce n'est pas tous les jours qu'on assiste à un kidnapping. J'utilise volontairement le mot anglais, car le français n'a pas le même éclat. «Enlèvement» fait tout de suite penser à l'enlèvement de la neige ou des ordures. Mais le kidnapping recèle pour ainsi dire un parfum de mystère. Des kidnappings, il y en a eu des grands, des sordides et des célèbres. Pensons au rapt des Sabines, qui provoqua une guerre à Rome et dont Picasso fit un tableau magnifique. Pensons à Malraux qui rêvait de kidnapper Trotski pour le libérer de sa prison stalinienne. Le mot anglais évoque l'enlèvement des esclaves pour les faire travailler dans les plantations du Sud. Il souligne le vol des enfants (kids), qu'il fallait attirer par mille et un subterfuges. Car le kidnapping est un art complexe. Pour kidnapper quelqu'un, il faut d'abord s'en approcher subrepticement, l'appâter et parfois même le séduire. Chacun sait que la victime développe souvent par la suite une relation ambiguë avec son ravisseur, une sorte de soumission mêlée de sympathie morbide. Le kidnapping est affaire d'experts. Ne devient pas kidnappeur qui veut.
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