Chanson - Y a pas plus beau coffret
Mots clés : Chansons retrouvées, Sylvain Lelièvre, Musique, Québec (province)
Quand avril rencontre mai et, non contents du printemps, fomentent l'été, je pense à Sylvain Lelièvre. Invariablement. Et doublement. Je pense d'abord à lui parce qu'avec mai reviennent les finales interprète et auteur-compositeur-interprète du concours de chanson Ma première Place des Arts. Et qu'à la palme de la finale interprète est associé un autre prix, celui de «la chanson à chanter», sorte d'exercice où chacun des 36 candidats doit se frotter à la même chanson, créée pour l'occasion par un pro du métier. Mardi dernier, Maxime Landry a eu cet honneur-là pour sa version de Plus rien, chanson d'Andréanne Alain et Caroline Dufour. Et mardi dernier, j'ai pensé à chaque année au même moment à la «chanson à chanter» que Sylvain Lelièvre, en 1997, avait proposée à la fournée d'alors, une de ses plus belles, peut-être sa plus emblématique: Le plus beau métier. Et l'instant d'après, comme à chaque année depuis le 30 avril 2002, j'ai pensé que Sylvain Lelièvre n'était plus là.
Car ce coffret-livre n'est pas seulement un objet de qualité, un objet noble, c'est aussi une somme de trésors: le premier CD propose tout un lot de chansons inédites du Sylvain première époque, celui du dernier temps des chansonniers, celui d'avant les années 70 qui allaient le révéler. Régal que ces archives dénichées dans les entrailles de Radio-Canada, bonheur que ces enregistrements personnels provenant de la collection de Monique Lelièvre, depuis un extrait du tout premier spectacle devant public (en 1966 au collège Saint-Jean-Eudes!) jusqu'à une version instrumentale de Marie-Hélène enregistrée pour une émission de Radio-Canada, jouée à deux pianos, en compagnie de Philippe Noireaut.
Comment avait-on vécu sans?
Admirables chansons que ces chansons de jeunesse, pas du tout jeunes en fait: Sylvain Lelièvre a eu la maturité précoce, et tout de ce que sera Sylvain Lelièvre est déjà dans ses arpèges et ses rimes, le blues et le jazz se font déjà risette, et le goût des mots bien agencés et des sentiments vrais est déjà plus que prononcé. Notons l'une d'entre elles, où le mariage entre texte à la française et musique à l'américaine est déjà particulièrement réussi: Petit blues pour Éric... Comment avait-on vécu sans?
Le coffret permet aussi de compléter la discographie en CD et ajoute avantageusement à L'Intégrale 1975-1989 l'album qui venait avant, le mal-aimé, le mal vendu de 1973, dont Sylvain n'aimait pas la prise de son et qu'il souhaitait réenregistrer, d'où l'exclusion de L'Intégrale. Je me souviens d'une discussion là-dessus, je trouvais qu'il fallait tout mettre, lui insistait pour que sa discographie commence après. Pouvoir, on reprendrait le débat. Oui, cher Sylvain, ça sonne un peu petit, oui, l'instrumentation est un brin datée, mais les chansons dans leur jus sont plus que défendables, Toi l'ami, Le Fleuve, la très brellienne Quand je pense et cette merveille d'évocation qu'est Germinal, une des plus belles chansons jamais écrites sur le printemps québécois.
Et comme si tout ça ne suffisait pas, on a des images, tout un DVD. Il faut voir notre Sylvain, frange Beatles sur le front, chantant du fond d'un café puis sur le pont d'un bateau en 1970, puis en spectacle avec son chandail jaune et turquoise en 1980, puis en clips au début des années 90. Si les images témoignent de leur temps, les chansons, elles, sont des immortelles en puissance. Joie, les voilà immortalisées. «Y a pas plus beau métier que de tenir parole... »
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CHANSONS RETROUVÉES
Sylvain Lelièvre, Coffret-livre, GSI Musique - Sélect
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Les 'in-memorium' ne sont jamais 'out' et c'est bien tant mieux pour tous! - par Nadeau Béa (beatrice.nadeau@sympatico.ca)
Le vendredi 09 mai 2008 10:00

