Primaires américaines - Le marathon de Hillary
Mots clés : démocrate, Barack Obama, Hillary Clinton, Parti politique, Élection, États-Unis (pays)
Donnée pour vaincue, Clinton poursuit sa campagne
Washington -- Hillary Clinton, dont la campagne présidentielle est donnée pour morte par les médias américains, continue un marathon épuisant à travers les États-Unis en préparation de la demi-douzaine de primaires démocrates où elle devrait encore affronter Barack Obama.Selon Lawrence O'Donnell, du site politique Huffington Post, il est entendu pour Mme Clinton qu'elle se retirera de la course d'ici le 15 juin. Mais bien que donnée pour vaincue, Hillary Clinton est immédiatement repartie en campagne après les primaires de l'Indiana et de la Caroline du Nord, où le consensus médiatique estime qu'elle a perdu sa dernière chance de remporter l'investiture démocrate pour la présidentielle de novembre.
Journée chargée
En une journée hier, elle avait prévu trois étapes: en Virginie occidentale, appelée aux urnes mardi, et aussi dans l'Oregon, qui votera le 20 mai, et même le Dakota du Sud, dernier État à voter, le 3 juin.
Ses stratèges ont continué à afficher leur optimisme à la télévision, démentant les rumeurs d'un trésor de campagne à vide, au lendemain de l'annonce que Mme Clinton avait puisé dans ses finances à trois reprises depuis le 11 avril.
«[Mercredi], des dizaines de milliers de personnes sont allées sur [le site] HillaryClinton.com et ont donné de l'argent. Nous avons amassé plus [d'un million de dollars] hier, ils veulent que cette femme continue et se batte», a déclaré son conseiller Terry McAuliffe sur NBC.
À cette occasion, M. McAuliffe a laissé entendre que la course durerait encore environ un mois, mais guère plus, et en tout cas sans aller jusqu'à la convention nationale du parti, théoriquement chargée de désigner un candidat officiel, du 25 au 28 août. «Je ne vois pas ça durer jusqu'à la convention, nous aurons un candidat en juin», a-t-il dit sur la chaîne NBC.
Évoquant les cadres et élus du parti qui détiennent désormais la clé de l'investiture, M. McAuliffe a prédit que «les superdélégués vont réagir très vite, en l'espace d'une semaine ou deux après le 3 juin», la date des dernières consultations électorales.
Quant à eux, Barack Obama et ses partisans se gardent bien de manifester la moindre impatience envers Mme Clinton. Pour autant, l'équipe Obama estime que la course devrait être réglée dès les primaires du 20 mai.
«Nous pensons que celui qui aura gagné le plus de délégués aux primaires sera et devra être le candidat de notre parti. Et nous estimons qu'après les primaires de l'Oregon et du Kentucky, le 20 mai, nous aurons gagné une majorité globale de délégués» issus des primaires, fait valoir son directeur de campagne, David Plouffe.
Au Capitole
Après une journée de répit chez lui à Chicago, le sénateur de l'Illinois est revenu au Capitole à Washington hier, où il s'est invité dans la salle de séances de la Chambre des représentants pour ce qui était sûrement une manoeuvre d'approche envers des «superdélégués» indécis mais que certains observateurs ont interprété comme un «tour de stade victorieux».
Il prévoyait se rendre aujourd'hui et demain directement dans l'Oregon, un État progressiste où il escompte une nouvelle victoire, à la différence de la Virginie occidentale, petit État rural et blanc des Appalaches, qu'il semble déjà concéder à Mme Clinton, et du Kentucky.
M. Obama est désormais crédité par le site indépendant RealClearPolitics de 1848 délégués du parti, se rapprochant inexorablement des 2025 nécessaires pour s'assurer de l'investiture, contre 1693 pour Mme Clinton.

