Forêt: Béchard est prêt à des concessions
Mots clés : Claude Béchard, industrie forestière, Industrie, Forêt, Québec (province)
Québec -- Québec se montre désormais disposé à arrondir les angles de son projet de réforme forestière, pour calmer la grogne de l'industrie.
Or, c'est tout le contraire que vise le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, avec son livre vert rendu public en février, un document qui trace les contours du futur régime forestier du Québec. Grâce à sa refonte du régime forestier, le ministre Béchard veut faire de l'industrie forestière québécoise la plus compétitive au Canada.
Sauf que les entreprises forestières se montrent très sceptiques, craignant que le nouveau régime augmente les coûts de production au lieu de les diminuer.
Inadéquation
Le président du Conseil de l'industrie forestière, Guy Chevrette, a déclaré hier, dans le cadre du congrès de l'organisme qui se tient à Québec, qu'il y avait selon lui une profonde inadéquation entre les objectifs poursuivis et les moyens proposés par Québec.
«Il faut que les bottines suivent les babines», a illustré M. Chevrette, en point de presse, pour rappeler au ministre qu'il devait prendre les moyens de rendre l'industrie plus compétitive.
Hier, le ministre s'est montré bon prince, en disant qu'il ferait preuve de souplesse. «Le but d'un livre vert, c'est de lancer la discussion», a dit M. Béchard en point de presse, après avoir prononcé une allocution devant les congressistes. «Ce n'est pas une fin en soi.» Ainsi, le projet de loi attendu en juin devient un avant-projet de loi pour consultation, et la formule de la future Bourse de la forêt, qui devait être «75-25» pourrait passer à «80-20» ou à une autre proportion, si l'industrie montre que ce serait mieux ainsi.
Rappelons qu'une fois en vigueur, le nouveau régime forestier fera en sorte que les contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier (les CAAF), en place depuis 1986, seront remplacés d'ici à cinq ans par un droit d'achat, ou droit de premier preneur, consenti aux industriels.
En février, le ministre avait dit que Québec offrirait aux entreprises qui détiennent un CAAF le privilège d'acheter en priorité, au prix du marché, l'équivalent de 75 % du volume de bois auquel elles ont accès actuellement. L'autre 25 % ferait l'objet d'une vente aux enchères, sur une sorte de Bourse de la forêt. On veut ainsi que le bois soit vendu à sa valeur réelle.
Le ministre veut faire adopter le nouveau régime forestier avant la fin de l'année.

