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Nous sommes «faits forts» et capables d'en prendre.
Que notre frisé bourgeois gentil homme national se soit absenté de Paris pour y laisser briller de tous ses feux la presque reine d'un pays qui se réclame du blanc français pour faire mieux paraître le bleu délavé et un rouge souillé dont aucun lessivage ne vient à bout, ça tient du grand théâtre d'une comédie bouffe que ce gradué de l'école des pitreries nationales joue à «théâtre fermé» ...
Par ailleurs, sous le regard hagard de Max Gros Louis qui semblait faire office de totem et sous le regard hébété du médecin et ministre malgré lui, ce parachuté qui représente la Capitale, bien malgré nous, et qui semblait y faire office de feuillage, il allait donc de soi que le micro sans fil de notre Podium municipal s'appliquait à y planter des arbres, «à la mode de chez-nous» et à des coûts que l'on est mieux de ne pas connaître. Ça tient du cinquième versant de l'actuelle culture hébergeant l'autocratie politique du pays, de la nation et de la cité. C'est du vaudeville spectaculaire, dans la pure tradition du folklore que célèbrent joyeusement asticots de la coterie du 400e anniversaire des aristos et de leurs intimes, cet occasion rêvée des joyeusetés des apprentis et autodidactes de la collection des m'as-tu-vu et des pompeuses grosses besaces et voyantes sacoches, qui virevoltent et fricotent goulûment aux crochets de subventions royales qui voltigent dans les centaines de millions de piastres gratuites, pigées dans les poches des dociles surtaxés et des silencieux surimposés. Malgré tout, rien ne sert d'en faire un plat, puisque nous sommes très loin d'une première ...
Ça ne donne absolument rien de réagir et de se mettre dans des états tels que notre carrure finit, à tout coup, par en prendre de méchants coups. De toute façon, ça fait des lunes que tous les indicateurs les plus sérieux émettaient des signaux et tentaient de faire comprendre au «peuple des achetés» qu'ils devraient prévoir amener leur lunch et accepter de voir Céline Dion et le Grand Aznavour, entre autres, à l'aide de télescopes ou préférablement en reprise, alors que les gommés auront accès à un bar de gracieusetés pour y apaiser leurs soifs, jouiront de confortables sièges, de chaufferettes et de toitures parapluie rétractables, prévenant les humeurs de Miss Météo, ces humeurs que «le peuple fait fort» a l'habitude de subir et de sublimer et avec lesquelles il a le génie de si bien composer et de si joyeusement vivre.
Mais, contre mauvaise fortune et infortune à tendance continue, ayons bon coeur et bel esprit. On aura vite fait d'oublier la promotion quasi royale dont la pierre angulaire de l'ÉCHEC 2008, Pierre Boulanger, fut gratifiée par la machine de l'ingénierie libérale du «pushing» et du favoritisme et surtout de ne jamais demander de bilans fourrés, leur permettant de dorer le volume de leur mépris absolu à l'égard de ceux et de celles dont ces gangs de grands boulevards se foutent éperdument. Non merci et passons à autre chose. On est fait assez fort pour laisser derrière nous l'imagerie coloriée d'un fiasco national noir sur blanc et de laisser les ratées de 2008 s'empiler sur les tas des endettements de l'incompétence et de l'irresponsabilité, sur les tas du Scandale des Commandites, sur les tas du Scandale des pots de vin sous enveloppes signées Schreiber, sur le cumul de tous les tas de forfanteries, de hâbleries et de maffieux bluffs dont Rabaska, par exemple, n'est qu'une pointe de l'iceberg de l'ingouvernance libérale. Le Québec aura longtemps dans sa mémoire, ces foireuses orgies de grosses piastres qui n'auront servi qu'à graisser quelques précieux-ridicules de la colonie du Plateau et quelques autres têtards de la confrérie Bouchard, entre autres. À ceux-là et à celles-là, évidemment, s'ajoute la liste des politiciens les plus futés, celle des leurs et de tous ceux et celles des libéraux opportunistes qui contribuent à la caisse vorace, une caisse programmée secrètement, pour doubler, dans le privé (probablement un avorton du PPP) le chétif revenu du chef et actuel PM, cette même caisse très reconnaissante, quand «l'horloge» des accointances politiques sonne les heures de l'obligeance.
Le show du 31 décembre 2007 et le premier trimestre de QUÉBEC 2008 ont suffisamment sonné de glas pour donner, sans contredit, le ton de ce qui ressemblera aux Grands Voiliers 1984 dont les bouchons de la circulations devaient normalement aller de Québec à Drummondville ... Même que le Manège, cette merveille d'architecture du 19e et joyau de notre patrimoine militaire a lâché prise et s'est éteint, sous les feux d'une rage encore inexpliquée ...
À l'instar d'un grand nombre d'honnêtes et de braves citoyens québécois «faits forts», j'ai l'intention de célébrer ma joie de vivre, de me rappeler les heureux souvenirs du temps passé et de peaufiner mes projets à venir, tout en souhaitant que 2009 arrive au plus sacrant. Oui, je me ferai un sandwich santé et j'irai le déguster sur les Plaines où l'on célébrera un sympathique 100e anniversaire, en ces paradisiaques espaces de la convivialité citoyenne. J'irai certainement assister à la grandiose fresque historique que la CCBN et la France ont conjointement orchestrée et me régaler des concerts plein air, variés et de grande qualité, auxquels l'accès est gratuit, au bucolique Pavillon Edwin Bélanger, de la fin juin à la fin août. Comme le plus grand nombre des fiers citoyens de la Capitale, je prendrai plaisir à faire la promotion de nos savoirs, de nos savoir-vivre, de nos savoir-faire et de nos savoir-être typiquement québécois, en étant attentif et en saluant les visiteurs qui viennent prendre quelques photos certes, mais qui viennent aussi et surtout à Québec pour bien saisir la juste mesure de notre carrure et de notre stature nordiques, pour également prendre le pouls de ces incorruptibles et jovials francophones dont la plupart sont bilingues et dont le nombre des polyglottes s'accroît jour après jour. Notre pouls étant la fidèle traduction de nos battements de coeurs dont ils garderont un souvenir intarissable.
«Un chance qu'on s'a» et vive le Québec de tous ceux et de toutes celles qui se sont libérés de tous les foutus complexes de persécution et d'infériorité.
Gerry Pagé
Ville de Québec
