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Information ou... propagande?

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le jeudi 08 mai 2008 02:00



Que doit-on comprendre de ce réquisitoire?
Très peu.

Finalement, on fait briller de son mieux, comme l'Agence France Presse nous a habitués depuis les dernières années, les clichés qui servent à altérer l'image de la méchante Russie.

M. Char, nous décrit la chose, tel un grand gérant d'estrade.

En premier, bien évidemment, il nous expose que Poutine, la bête noire du bouclier à missiles et du contrôle gazier et pétrolier de la région, le machiavélique Poutine, cet ancien du KGB, a toujours les commandes bien en main.
C'est à n'en pas douter qu'il mettra les bâtons dans les roues aux intérêts étranges qui pourraient développer la Russie.
Vous savez, ces intérêts étranges qui ne veulent que le bien de tous et qui luttent éperdument pour la démocratie et les droits humains!

Deuxième cliché à faire briller, cet homme de paille, totalement au service du machiavélique Poutine, Medvedev. Un supporter de la terrible continuité.

Troisième élément, il nous explique le fond du Russe "ordinaire". Le Russe désabusé, irresponsable, qui ne se préoccupe pas de la politique. Pourtant, aux dernières élections, il y a eu un taux de participation de 66%. Un taux bien semblable à n'importe quel pays "démocratique". On nous forge l'image du Russe dépolitisé... l'est-il vraiment?

Quatrième élément, le crémage de l'événement d'intronisation. Le long tapis rouge, les travellings, l'heure précise, comme si le protocole rigide n'était que le lot de la Russie. On ne sait vraiment plus quoi saisir pour nous peaufiner l'image de la Russie où tout est pourri!
On nous sert du Russe indifférent... voire résigné... dans cette Russie où tout est pourri et où tout va mal. Avec ce Poutine qui ose dire qu'il va continuer de «prendre soin de la Russie»! Ah! Le...
Les embouteillages causés par Poutine, les voitures de luxe qu'on prend six mois avant de pouvoir les conduire (avant, c'était six ans pour une Lada!)

Malgré tous ces malheurs, on ne peut malheureusement pas nier que Poutine « a laissé un pays en pleine santé économique. »

«La dette extérieure a été éliminée. Les coffres sont pleins d'or et de devises étrangères.»
Mais, voyez le méchant de ces dirigeants: le salaire mensuel moyen du Moscovite est de 500 $ .

La Russie est montée à toute vitesse dans le train de la mondialisation, aux côtés de la Chine voisine, comme une alliance de méchants prédateurs qui veulent nous envahir pour nous bouffer
La Chine qui inonde aujourd'hui de ses produits bon marché, la Russie.
Tiens, c'est comme chez nous!
Tiens, c'est exactement comme partout en Europe!
Tiens, c'est exactement comme c'est partout dans le monde!
«À Moscou, seuls les grands magasins Gum, à deux pas du Kremlin et de la place Rouge, résistent encore. Un seul article en vitrine, dans un décor luxueux mariant le néogothique et l'Art déco, dépasse les 500 $ » C'est vraiment dégueulasse, chez nous, les boutiques de luxe nous en mettent bien plus que ça, par contre, à l'instar des Moscovites, bien peu et de moins en moins peuvent se payer ce luxe.

«Poutine en a fait beaucoup, mais pas assez. Il y a encore de grandes disparités sociales.»

Ici aussi, on travaille fort pour augmenter les disparités sociales. Il n'y a qu'à voir les données du dernier recensement dévoilées jeudi dernier par Statistique Canada.
http://www.cyberpresse.ca/article/20080501/CPACTUALITES/80501057/1019/CPACTUALITES

Bien mince, ce long écrit d'Antoine Char.
Par ce texte, voulait-on nous informer de quelque chose?

C'est en fait, un article de propagande pour nous faire ressentir tout le mal qui se dégage de ce pays "ennemi". Un autre pays "méchant" mené par le machiavélique Poutine qui joue à se retirer, tout en restant.

Quel gérant d'estrade que cet Antoine Char!

Un article de pure propagande. Un texte à utiliser lorsqu'on a besoin d'un exemple pour illustrer la propagande déguisée en "journalisme".

Encore une fois, il faut être conscient qu'un tel article a pour but de nous faire ressentir et non de nous informer.
On n'apprend strictement rien, mais on reste avec un goût de méchant dans le fond du cerveau. Le but de l'écrit est alors atteint.
Comment ça va en Russie?
Mal mes amis, mal, très mal.
Pourquoi donc?
Bien, c'est Poutine, vous savez, ce Poutine!
La Russie a beau être en construction et elle a beau avoir un développement qu'on ne peut nier, ça va mal mes amis, très mal pour les Russes. Ces imbéciles qui ne savent pas voter et qui se désintéressent tant de leur politique. Voyez, il change de président et c'est l'indifférence la plus totale!

Ne soyez pas dupe, surveillez comment on aiguille votre opinion.
Il faut mettre dans la balance ce que vous avez appris et ce que vous avez ressenti.
De quel côté le plateau est-il le plus lourd?

Posez-vous cette question à la lecture de chaque dépêche de AFP.


Serge Charbonneau
Québec

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