Soccer - L'Impact a (enfin) sa maison
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Dans dix jours, le stade Saputo ouvrira ses portes

Photo: Jacques Nadeau
Parlons-en donc. Des travailleurs s'activent un peu partout, on aperçoit des écriteaux «Peinture fraîche» et, par-delà les gradins du côté est, une excavatrice déchire le silence avec, en fond de toile, les bâtiments du village olympique. Mais tout sera prêt pour le match inaugural face aux Whitecaps de Vancouver, le lundi 19 mai prochain en après-midi (c'est congé, il va sans dire, et ce sera précédé la veille d'une journée portes ouvertes et d'un match de célébrités). L'Impact, détenteur d'un dossier de deux victoires et deux défaites en saison 2008, en sera alors à sa septième rencontre de l'année, mais les papillons seront certes au rendez-vous pour un affrontement dans ce que Patrick Leduc appelle sans hésiter, lui qui a fait plusieurs fois le tour des terrains de la United Soccer League, «le plus beau stade de la ligue. On vient de hausser la barre pour tout le monde».
Le stade Saputo est situé aux confins du parc olympique, lui qu'on voyait à l'origine dans le Technoparc, une idée qui fort heureusement n'a pas été retenue. Trois sections de gradins, de part et d'autre du terrain et à l'extrémité est, où on pourra se procurer des tickets encore moins chers que les autres qui ne sont déjà pas chers, comme le souligne le vice-président de l'équipe, Richard Legendre, qui s'est déjà fait la main en matière d'administration sportive en dirigeant les Internationaux de tennis du Canada pendant plusieurs années. Les sièges, qui s'annoncent hautement plus confortables que les banquettes collectives du centre Claude-Robillard -- où l'Impact jouait depuis sa fondation, en 1993 --, ont été peints en trois teintes de bleu alors que du côté sud on a ajouté du blanc et du noir afin de former un logo de l'Impact format géant. À l'est, une terrasse, derrière laquelle se profile l'autre stade, l'immense, l'immensément coûteux, dont le mât sert davantage de panorama aux spectateurs qu'il porte ombrage à la structure à échelle humaine qui le côtoie désormais.
À cet endroit pourra d'ailleurs s'élever une nouvelle série de gradins si Montréal obtient une franchise du gros circuit de soccer nord-américain, Major League Soccer. «Nous avons tenu des pourparlers avec le groupe de George Gillett [pour l'administration d'une franchise montréalaise], et nous avons informé les autorités de MLS de notre intérêt, a dit à ce sujet Joey Saputo. La balle est maintenant dans leur camp.» Peut-être verra-t-on David Beckham de passage à Montréal un jour pas si lointain...
Financé à hauteur de 15 millions de dollars entièrement par des fonds privés -- la moitié provenant de la famille Saputo, l'autre moitié d'une hypothèque, un bail ayant été signé avec la Régie des installations olympiques prévoyant la rétrocession du site dans 40 ans --, le stade Saputo compte 13 000 places, comparativement à 9500 environ à Claude-Robillard. Il n'y a pas de piste d'athlétisme ceinturant le terrain, de sorte que la première rangée de sièges est située à cinq mètres à peine de la ligne de touche. Et on a pensé à tout: les bancs des joueurs, situés côté nord, ont été aménagés en soubassement, en une espèce de tranchée, afin que les spectateurs situés au bas des gradins n'aient pas la vue obstruée. «C'est un vrai stade de soccer», dit Richard Legendre, qui rappelle que plusieurs stades de foot en Europe sont ainsi conçus; dans certains cas, la proximité des gradins fait en sorte que les spectateurs peuvent pratiquement toucher aux joueurs en étirant le bras.
Et tiens tiens, on parle de soccer et ça n'a rien à voir, mais qui trouve-t-on au stade Saputo en ce mercredi matin? L'Artiste. Parfaitement: Alexei Kovalev soi-même en personne. Il est venu à l'invitation de Charles Gbeke, l'attaquant-vedette de l'Impact, avec qui il s'est lié d'amitié il y a quelque temps à la suite d'une séance d'autographes commune. Évidemment, il y a beaucoup d'envoyés de la presse libre pour écouter en vue de retransmettre ses différents propos, et il en ressort que ces sornettes concernant le fait que Saku Koivu et lui soient en brouille et que la patinoire ne soit pas assez grande pour les accueillir les deux en même temps, eh bien ce ne sont que ça, des sornettes. Il raconte aussi, à propos du soccer, qu'il n'est pas friand de regarder des sports et qu'il préfère les pratiquer, et que sa préférence irait plutôt pour le soccer intérieur puisque «je n'aime pas le grand terrain parce que j'aime l'action»...
Enfin bref, le stade Saputo est un fort joli endroit, qu'on aime le parc olympique ou pas. De quoi faire en sorte que, au moins de temps à autre, la ville soit soccer...

