Course à l'investiture démocrate - Pressions sur Hillary
Mots clés : Barack Obama, démocrates, Hillary Clinton, Parti politique, Élection, États-Unis (pays)
La sénatrice répète qu'elle reste en lice malgré les appels à son désistement
Les pressions se font de plus en plus vives sur la sénatrice Hillary Clinton afin qu'elle se retire de la course à l'investiture démocrate, après sa lourde défaite de mardi en Caroline du Nord aux mains de Barack Obama et sa très courte victoire en Indiana. Ne cédant rien, elle a redit hier à Shepherdstown, en Virginie occidentale, où se tiendra mardi prochain une primaire où elle est favorite, qu'elle restait en lice.L'ex-première dame a subi un coup dur symbolique, hier, avec le revirement de l'ancien sénateur George McGovern, candidat à la présidence en 1972 et ami proche du couple Clinton, qui a appelé Hillary à se retirer de la course. La semaine dernière déjà, Joe Andrew, un superdélégué, avait changé de camp pour soutenir Obama.
Pendant ce temps, Obama s'est offert hier une journée de congé après des succès qui «dégagent le chemin vers la Maison-Blanche». La plupart des médias américains ont noté que le discours de M. Obama, mardi soir à Raleigh devant ses partisans, avait les accents d'un discours prononcé en général par un candidat qui vient de recevoir officiellement l'investiture.
Dans un appel conférence avec des reporters hier matin, des hauts responsables de la campagne Clinton ont reconnu que dans le meilleur des cas, la candidate conserverait un retard d'une centaine de délégués sur Obama à l'issue de la longue saison des primaires qui prend fin début juin. Ce qui confirme que pour obtenir l'investiture, le camp Clinton sait devoir gagner la course aux quelque 800 superdélégués, bonzes du parti avec droit de vote automatique au congrès d'août prochain. Le tiers environ n'a pas encore pris parti. Les autres se divisent à peu près moitié moitié entre les deux candidats.
Il n'est pas sûr que Mme Clinton ait encore les moyens de ses ambitions. Face aux prouesses financières de Barack Obama, elle manque d'argent. Après avoir consenti en février un prêt sur ses fonds personnels de cinq millions, elle a dû de nouveau mettre la main à la poche en avril à hauteur de 6,4 millions pour maintenir à flot sa campagne, a indiqué hier son équipe. Sa performance déprimante en Caroline du Nord et en Indiana, qui étaient les deux derniers grands États à tenir des primaires, risque de refroidir les donateurs à son égard.
Les primaires de mardi comprises, Barack Obama compte maintenant 1840 délégués contre 1684 pour Hillary Clinton, selon le décompte de l'Associated Press. Obama est à moins de 200 délégués de la majorité nécessaire des 2025 voix. Il ne reste que 217 délégués en jeu dans les six dernières primaires, si bien qu'il est mathématiquement très improbable que ce dernier atteigne la majorité. La chasse aux superdélégués est donc aussi la sienne. Il a reçu quatre nouveaux appuis hier.
S'ajoute à cette dynamique l'impatience manifeste de la direction du parti, qui craint qu'à force de continuer de se battre entre eux, les démocrates ne donnent au républicain John McCain la présidence sur un plateau. «On sent que le parti est impatient de régler cela et de passer à autre chose», a estimé David Axelrod, principal stratège de la campagne d'Obama. «Il ne fait pas de doute que la ligne d'arrivée est en vue.»
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Avec l'Associated Press et l'Agence France-Presse
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