Liban : la grève générale tourne à l'affrontement à Beyrouth
Mots clés : manifestations, grève générale, Grève, Violence, Liban (pays)
Beyrouth -- Des heurts ont opposé hier à Beyrouth les partisans de la majorité et ceux de l'opposition libanaise qui ont bloqué plusieurs routes, dont celle de l'aéroport, dans le cadre d'une journée de grève générale à propos de revendications salariales.
Ces heurts surviennent à l'occasion d'une grève organisée par la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), la principale organisation syndicale du pays, avec le soutien de l'opposition.
Des partisans du parti du Courant du futur, présidé par le leader sunnite antisyrien Saad Hariri, et ceux des mouvements chiites Hezbollah et Amal se sont lancé des pierres dans le secteur mixte de Corniche al-Mazraa. L'armée est intervenue en tirant en l'air, sans pouvoir faire cesser les affrontements. Les télévisions locales ont montré des jeunes gens au visage ensanglanté.
Dans les quartiers également mixtes de Ras el-Nabeh et de Noueiri, près du centre-ville, des coups de feu ont été tirés par des partisans des deux camps. Des tirs de roquettes de type RPG ont été entendus, selon les télévisions. Des locaux du Courant du futur ont été incendiés et un partisan d'Amal a été blessé par balle. Les chaînes locales évoquaient des heurts similaires dans l'ouest de la capitale.
Des véhicules de l'armée sillonnaient Beyrouth, dont certains quartiers étaient quasi déserts. Des habitants ont été vus quitter avec leurs enfants les zones où se déroulaient les heurts.
Les protestataires, de jeunes sympathisants de l'opposition, ont bloqué plusieurs routes, y compris celle de l'aéroport qui longe la banlieue sud de Beyrouth à majorité chiite, un des bastions du Hezbollah.
Ils ont brûlé des pneus et des voitures, retourné des poubelles, alors que des camions ont versé du sable pour bloquer la circulation en plusieurs endroits.
La majorité antisyrienne a accusé le Hezbollah d'être l'instigateur des troubles. «La grève sociale n'est qu'une façade, mais le mouvement est politique et essentiellement mené par le Hezbollah», a affirmé le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé.
L'opposition et la majorité s'accusent d'entraver toute solution à la crise qui empêche l'élection d'un président de la République depuis le 24 novembre 2007.

