Ma Première PdA, les interprètes - S'approprier les siens

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Sylvain Cormier
Édition du mercredi 07 mai 2008

Mots clés : chanson, finalistes, Ma Première Place des Arts, Spectacle, Musique, Montréal

Chanter ses contemporains. S'approprier les siens. Chaque année, le mot d'ordre du meneur de jeu François Guy est mieux entendu, le pari mieux relevé: plus que jamais, cette quatorzième finale interprète de Ma Première Place des Arts célébrait, exaltait, servait sciemment un répertoire neuf, à tout le moins récent. Ainsi Marie-Andrée Landry a-t-elle chanté du [karkwa], et du Monsieur Clément! Mazette! Qui connaît Monsieur Clément au Québec? C'est tout juste s'il émerge en France. Tomy Paré, lui, chanteur country s'assumant country, a chanté du Mario Peluso (la splendide et poignante Témiscaming'), ce qui n'était pas ordinaire non plus: Peluso est un enfant de Ma Première PdA. Pareillement, la grande gagnante de la soirée, Sophie Beaudet, aura osé l'exquise J'échoue d'Alexandre Désilets, finaliste d'il y a deux ans. Beau symbole: le concours de la SACEF (la Société pour l'avancement de la chanson d'expression française) est si pertinent qu'il nourrit ses interprètes à même les chansons de ses auteurs-compositeurs-interprètes des années précédentes!

En vérité, tous les finalistes rivalisaient hier d'audace et d'actualité. Difficile d'imaginer chanteuse en prise plus directe avec le présent de la chanson qu'Isabelle Contant, 20 ans, de Sept-Îles: rien qu'en première partie, l'intense jeune femme a aligné du Xavier Caféine, du Navet Confit, du Carl-Éric Hudon. La scène alternative chansonnière, dans toute sa diversité. Qu'il est loin, le temps où l'Amsterdam de Brel et Ton Visage de Ferland semblaient les passages obligés des interprètes en devenir: c'est la grande victoire de François Guy, le résultat du travail de terrain de Jean-Guy Prince, conseiller au répertoire. Oui, de la même façon qu'une Monique Leyrac défendait les Vigneault, Leclerc et Léveillée, les interprètes d'aujourd'hui défendent désormais Catherine Major, Damien Robitaille, Gaële.

Le fait est qu'hier soir à la Cinquième salle de la PdA, bien des gens découvraient des chansons: entendre Sophie Beaudet faire aussi résolument et brillamment siennes les chansons de Jeanne Cherhal, Zazie, Robitaille, Désilets, c'était s'enticher de l'interprète et des chansons, simultanément. On en voudrait tout un disque, de telles interprétations: dans le cas de Sophie Beaudet, avec le beau timbre grave qu'elle a, la sobre maîtrise des effets qu'elle affiche, ça ne saurait tarder.


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magistral, une nouvelle étoile est née!!! - par Laurent Tellier
Le mercredi 07 mai 2008 10:00

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