Rapport d'Amnesty International - Les civils sont pris pour cible en Somalie

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Reuters
Édition du mercredi 07 mai 2008

Mots clés : exécutions arbitraires, torture, Amnesty International, Droit de la personne, Somalie (pays)

Nairobi -- Toutes les parties prenantes au conflit somalien sont coupables de violations des droits de la personne, notamment d'exécutions arbitraires, de viols et d'actes de torture, affirme Amnesty International.

L'ensemble de la population de la capitale, Mogadiscio, est effrayée à l'idée d'être témoin ou de subir ces exactions, au nombre desquelles il faut ajouter les disparitions forcées et les passages à tabac, déclare l'organisation dans un rapport long de 32 pages.

Des combats opposent depuis le début de l'année dernière les troupes somaliennes et éthiopiennes aux milices islamistes.

Pourtant, rares sont les informations sur les violations des droits de la personne dans le pays, car les organisations humanitaires subissent des pressions pour ne pas en parler, indique l'organisation, selon qui les journalistes somaliens font également l'objet de menaces.

Les gouvernements somalien et éthiopien ont nié à plusieurs reprises avoir enfreint les droits de la personne dans leur guerre contre ceux qu'ils présentent comme des «terroristes soutenus par al-Qaïda».

Le parlementaire somalien Aouad Ahmed Achareh a toutefois demandé le départ des troupes éthiopiennes. «Nous demandons à la communauté internationale de donner l'ordre à l'Éthiopie de partir et d'envoyer d'autres forces», a-t-il dit lors de la présentation du rapport d'Amnesty à Nairobi.

Achareh a par ailleurs appelé à la mise en place d'un tribunal international pour juger les auteurs de violations des droits de la personne en Somalie.

Amnesty dit avoir constaté depuis fin 2007 une augmentation du nombre de témoignages concernant des violations des droits commises contre des civils par les forces éthiopiennes qui ont aidé le gouvernement de transition à chasser les rebelles islamistes d'une grande partie du sud du pays, fin 2006. Ils font le plus souvent état de viols collectifs ou de meurtres de civils «égorgés comme des moutons».

Le mois dernier, selon Amnesty, les soldats éthiopiens ont tué 21 personnes dans le quartier d'Al Hidaaya à Mogadiscio. Sept des victimes ont eu la gorge tranchée. L'Éthiopie qualifie ces accusations de mensongères et assure que ses soldats n'ont jamais été impliqués dans de tels incidents.


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