Les cols bleus travaillent... leur image
Mots clés : dénigrement, image, cols bleus, Publicité, Syndicalisme, Montréal, Québec (province)
Le syndicat a dépensé 370 000 $ pour montrer à la télévision des images de ses membres à pied d'oeuvre

Photo: Jacques Grenier
La diffusion de cette publicité des cols bleus a débuté le 27 avril dernier pendant l'émission Tout le monde en parle de Radio-Canada, soit à une heure de grande écoute, et s'est poursuivie toute la semaine, mais la campagne de publicité, d'une durée de trois semaines, implique trois réseaux de télévision, soit Radio-Canada, TVA et TQS.
«On veut démontrer qu'au-delà des préjugés qui sont véhiculés dans les médias, le travail des cols bleus ne touche pas seulement la voirie. C'est pas mal plus diversifié que ça», explique Michel Parent, président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal. Les cols bleus ne se contentent pas de déneiger les rues, boucher des nids-de-poule ou ramasser les déchets, dit-il, mais ils occupent 230 fonctions différentes aux quatre coins de la ville, oeuvrant notamment dans les usines d'eau potable et d'eaux usées, au Biodôme, dans les arénas et dans les parcs.
La campagne publicitaire vise un autre objectif, car le syndicat estime être victime, depuis des années, d'une campagne de désinformation de la part des médias. «C'est surtout pour rebalancer ce que j'appellerais "la job sale" de certains médias qui se sont donné comme mission de "basher" sur le dos des cols bleus», résume M. Parent.
C'est la première fois que les cols bleus achètent de la publicité télévisée. Le syndicat a dépensé une somme de 370 000 $ pour cette campagne qui se terminera le 20 mai prochain. «C'est quand même pas si pire que ça», estime M. Parent qui signale que l'on a pu limiter les coûts de production en réduisant le rôle de comédiens à celui de narrateurs.
Le syndicat des cols bleus, qui regroupe plus de 6000 membres, poursuit les négociations avec la Ville de Montréal et les villes défusionnées de l'île pour le renouvellement de leurs contrats de travail. Les réunions se déroulent au rythme d'une journée et demie par semaine, précise M. Parent. «On a un mandat de grève depuis juin dernier et on est sans contrat de travail depuis août, signale-t-il. On a eu le plus gros hiver à Montréal depuis les 25 dernières années. On aurait pu en profiter pour faire des moyens de pression, mais, au contraire, on a voulu démontrer à la population qu'on est des gens très humains. On ne veut pas prendre la population en otage.»
Vos réactions
Ça sent la soupe chaude - par Max Roujeon
Le mardi 06 mai 2008 14:00
"L'étiquette" est collée!!! - par Pierre Samuel
Le mardi 06 mai 2008 10:00
Et la productivité??? - par andré michaud
Le mardi 06 mai 2008 08:00

