et puis euh - No Habs No
Mots clés : canadiens de montréal, élimination, hockey, Sport, Québec (province), Canada (Pays)
Alors voilà, la ville est... la ville est quoi, déjà? Golf? Mais non. La ville est encore hockey et le sera toujours. Il y en a pour deux mois, n'est-ce pas à «analyser» les causes de l'élimination, puis deux autres à demander pourquoi Gainey, ayant tiré les leçons de la défaite, n'a pas fait quelques acquisitions sur le marché des joueurs autonomes, ce qui nous mène tout juste au prochain camp d'entraînement, source on le sait de tous les espoirs. Puis Canadien va gagner un match de suite, et ça va sentir la coupe. La ville ne se refait pas.
La chance? En voilà une qui a le dos si large qu'elle pourrait s'appeler Tranchemontagne-De La Rochefoucauld jr que son nom entrerait en une seule rangée sur son uniforme. Bien oui, Umberger la faufilait de partout, et bien oui, Biron a entendu plusieurs «cling!!!!!!» derrière lui, mais les poteaux, faut-il le souligner, font partie de l'équipement du gardien de but. Vous n'étiez pas au courant? Quand un cerbère de la Ligue nationale va chez Sports aux Puces se procurer son stock, il achète des jambières, une mitaine, un bouclier, un masque, un plastron, une coquille athlétique, un bâton, une roulette de ruban adhésif, deux poteaux et une barre horizontale. Et ici, il faut noter un élément explicatif très important: il y a quelques jours, on a vu ce qui se produisait quand le gardien portait du jaune. Or les poteaux des buts, ainsi que la barre horizontale, sont rouges. Et le rouge est une couleur très voyante, qui provoque chez le mammifère une envie irrépressible de varger dans le tas.
Prenons par exemple un taureau. Dans la corrida, le torero montre au taureau une draperie rouge, et le taureau, au lieu de se dire que ce «sport» est pas mal idiot de son propre point de vue de dindon de la farce (façon de parler), n'a aucun autre projet que de grimper dans le rideau. Plus le torero tasse la couette, plus le taureau devient fru, et plus il fonce, toujours davantage en vain, jusqu'à ce qu'il se fasse sortir en 5. C'est la même chose pour un joueur de Canadien. Comme Biron n'avait pas de jambières jaunes, il voyait juste le rouge des poteaux et s'évertuait à tirer dessus.
Mais pourquoi, demandera-t-on avec un esprit inquisiteur qui fait honneur à celui qui veut savoir, le Philadelphie ne tirait pas aussi sur les poteaux? Ah, on touche à la substance des choses. C'est que Canadien, en plus d'être bleu et blanc, porte du rouge. Les joueurs de Philadelphie fonçaient donc dans les uniformes de leurs adversaires qui, moins supérieurs intellectuellement aux Flyers que le torero par rapport au taureau, subissaient ainsi mise en échec après mise en échec. En plus, quand Umberger arrivait dans la région du filet, il voyait le chandail rouge de Price, et les poteaux rouges du but de Price et, confondu quant à la cible, visait entre les deux. Et voilà comment un gars qui avait compté 1 but en 74 matchs en saison régulière a pu en marquer huit en cinq rencontres contre Canadien.
Non, messieurs dames, ce ne sont pas les experts de la radio et de la télé qui vous diront les vraies affaires.
À part ça, si on veut parler de chance, on notera qu'il n'en fut guère question dans les alentours lorsque Canadien fila vers la coupe en 1986 alors que les Oilers d'Edmonton se faisaient éliminer par une niaiserie (je te regarde, Steve Smith) au deuxième tour en 1986, et que 10 victoires en prolongation et le bâton de Marty McSorley en 1993, il faut croire que c'était l'ordre des choses. De la chance? Une victoire en sept matchs contre les puissants Bruins sans Patrice Bergeron, puis une défaite contre les puissants Flyers sans Simon Gagné? Si ça se trouve, on remonte au premier match contre le Philadelphie, un but égalisateur à 30 secondes de la fin pendant une punition, et on se dit dans son amphore intérieure que Canadien a été chanceux de ne pas perdre en quatre.
Tout cela dit, les fans de Canadien n'ont pas à avoir l'âme funèbre. Quand on joue mieux et qu'on perd pareil, cela doit vouloir dire quelque chose, je n'ai aucune idée quoi, mais bon. Et puis, Saku Koivu l'a dit dans une déclaration qui devrait faire époque dans les annales du hockey, on ne devient pas une équipe championne en un an. Hé, il doit en savoir un bout sur la question, lui qui n'a jamais appartenu à une équipe proche d'être pas loin de faillir gagner un peu quand c'est le temps en maintenant 12 ans.
Il y a donc l'avenir, ce vieil ami. Reste à savoir si l'avenir ressemblera au présent, celui du Pittsburgh qui a appris, ou au passé, celui de l'Ottawa qui, avec un club bâti sur un modèle ressemblant curieusement à celui de Canadien, n'a jamais désappris...
Vos réactions
article délirant - par Jean-Pierre Filion
Le mardi 06 mai 2008 09:00
go habs - par Olivier Nguyen
Le mardi 06 mai 2008 01:00

