Le p.-d.g. de Yahoo! perd la confiance des actionnaires

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AFP
Édition du mardi 06 mai 2008

Mots clés : offre, Yahoo!, microsoft, Économie, États-Unis (pays)

Le titre dégringole de près de 16 % après le retrait de l'offre de Microsoft

Une publicité de Yahoo! près d'une route de San Francisco. Après avoir courtisé pendant trois mois le géant d'Internet, Microsoft a retiré son offre devant le refus de Yahoo! qui, à 33 $US l'action, jugeait le prix trop bas. Le titre de Yahoo! a clôturé hier à 24,37 $US sur le Nasdaq.

Photo: Agence France-Presse

New York -- Yahoo!, numéro 2 mondial de la publicité en ligne, dégringolait en Bourse hier, après que Microsoft eut retiré son offre d'achat, et déjà des actionnaires protestaient, plaçant le p.-d.g. Jerry Yang en mauvaise posture avant une assemblée générale qui s'annonce houleuse.

Après l'avoir courtisé pendant trois mois, Microsoft, leader mondial des logiciels, a retiré son offre devant le refus de Yahoo! qui jugeait le prix trop bas. Microsoft avait pourtant relevé son offre à 33 $US par action, mais les dirigeants de Yahoo! n'ont pas voulu descendre sous 37 $US.

Hier, le titre Yahoo! chutait de près de 16 %, autour de 24 $US. L'offre de Microsoft lancée le 1er février avait dopé son cours, auparavant de moins de 20 $US.

Le p.-d.g. et fondateur de Yahoo! Jerry Yang et son équipe se seraient congratulés, en topant dans la main quand Microsoft a retiré son offre, selon la presse.

Déception des actionnaires

Mais leur joie pourrait être de courte durée, car plusieurs grands actionnaires de Yahoo! ont commencé à protester, se disant déçus de l'échec des négociations, et laissant entendre qu'ils auraient accepté un rachat à 34 ou 35 $US par action. Certains menacent de voter contre la direction à la prochaine assemblée générale des actionnaires, prévue en juillet.

Dans une entrevue dimanche au New York Times, Bill Miller, gérant chez Legg Mason, deuxième actionnaire de Yahoo! avec 7 % du capital, a souligné que «s'il y avait eu une offre ferme de 34 ou 35 $US, nous l'aurions regardée».

«Il va y avoir beaucoup de pression sur les dirigeants de Yahoo! pour obtenir [une remontée du cours] d'ici un an ou deux», a-t-il poursuivi.

M. Miller a aussi réclamé au groupe de lancer un programme d'achat de ses propres actions, ce qui mécaniquement soutiendrait le cours.

D'autres actionnaires sont encore plus revendicatifs: Yahoo! est confronté à sept plaintes déposées après son premier rejet de l'offre de Microsoft, en février.

Erik Jackson, président de la société d'investissement Ironfire Capital et de Plan B, un groupe de 140 actionnaires de Yahoo!, compte voter contre la direction à l'assemblée générale et réclame un siège au conseil d'administration.

M. Jackson avait déjà mené une fronde à l'assemblée de l'an dernier contre le président de Yahoo! de l'époque, Terry Semel, lui reprochant ses rétributions élevées et sa mauvaise gestion. M. Semel avait démissionné une semaine après.

De petits actionnaires reprochent aussi à Jerry Yang d'avoir mené un combat personnel anti-Microsoft sans se soucier de leurs intérêts. «Je ne pense pas que Jerry Yang, comme fondateur, émotionnellement attaché au groupe, cherchait vraiment mon meilleur intérêt d'actionnaire», a commenté dans la presse Darren Chervitz, codirigeant de Jacob Internet Fund, qui détient 150 000 actions Yahoo!. «Je ne pense pas que Yahoo! puisse proposer quoi que ce soit qui soit comparable avec l'offre de Microsoft.»

Redresser le cours

Jerry Yang doit maintenant prouver à ses actionnaires qu'il peut redresser le groupe et son cours en restant indépendant, alors qu'il ne cesse de perdre du terrain face au grand rival Google.

Il doit vite annoncer une initiative-choc rapidement, comme un accord commercial avec Google, ou encore une alliance avec AOL, filiale de Time Warner, selon les analystes.

«Yahoo! doit lancer une stratégie qui prouve que son action vaut 37 $US, ou il fera face à une série d'autres tentatives de rachat et à une révolte de ses actionnaires», a résumé Charlene Li, analyste du cabinet Forrester.

Une dernière option serait que Microsoft représente son offre, à la faveur de la fronde des actionnaires. Une partie du marché pariait sur ce schéma, limitant la chute du titre.


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