Crise alimentaire - Les biocarburants de nouveau dénoncés

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AFP
Édition du mardi 06 mai 2008

Mots clés : Crise alimentaire, biocarburants, ONU, Énergie, Luxembourg (pays)

Bruxelles -- L'économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU, a réclamé hier une réduction des programmes américains et européens de promotion des biocarburants, qui «n'ont pas de sens» au regard de la crise alimentaire mondiale.

«Nous devons réduire de façon significative nos programmes de biocarburants, qui étaient compréhensibles à l'époque où les prix alimentaires étaient beaucoup plus bas et les stocks de nourriture plus importants. Ils n'ont pas de sens aujourd'hui, dans des conditions de famine mondiale», a déclaré M. Sachs au cours d'une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles.

Reconnaissant que l'impact des programmes américains, plus développés, était plus important, il a souligné que les biocarburants européens -- limités pour l'instant, mais qui doivent augmenter à 10 % de la consommation d'ici à 2020 -- avaient aussi «un réel impact».

«Je recommanderais au moins une révision des deux [programmes, américain et européen], en fonction des nouvelles conditions du marché», a insisté le conseiller spécial de Ban Ki-moon pour

les Objectifs du millénaire pour le développement.

Son collègue John Holmes, responsable de la nouvelle cellule de crise des Nations unies chargée de la question de la flambée des prix alimentaires, avait mis en garde mercredi contre toute réponse hâtive au développement des biocarburants.

M. Sachs, qui a lié la crise alimentaire à la hausse de la demande et aux catastrophes climatiques, a appelé à ne pas répondre à cette crise uniquement par une aide alimentaire d'urgence. «La première étape devrait être d'aider les petits agriculteurs en Afrique et dans les autres régions à bas revenus à augmenter leur rendement», en leur fournissant engrais, semences plus efficaces et systèmes locaux d'irrigation, a-t-il insisté, notant que «heureusement», aider à faire pousser des cultures vivrières localement coûtait «un dixième» de l'acheminement de l'aide

alimentaire.

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies cherche des financements pour une aide d'urgence de 755 millions de dollars tandis que le Programme pour l'alimentation et l'agriculture entend lever jusqu'à 1,7 milliard pour la distribution de semences et de fertilisants.

De son côté, la FAO, l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, se retrouve sur la sellette après de nouvelles critiques sur son manque d'efficacité supposé.


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