Présentement, je me demande sérieusement si le réchauffement actuel du climat vient des gaz qu'on dit à effet de serre. Il y a quelques mois, je croyais le lien scientifiquement établi. Mais depuis ces derniers mois les interrogations se sont multipliées en moi sur ce sujet. Je lis consciencieusement les deux côtés de la médaille maintenant. Gore semble faire l'unanimité. Mais c'est faux. Et je m'interroge vraiment. Comment des scientifiques dont j'ai toujours apprécié la sincérité, Hubert Reeves par exemple, ont-ils pu nous cacher à ce point des données essentielles ? Ou, aussi grave, ne pas les connaître ? Données pourtant faciles à comprendre : trois choses sont loin d'être prouvées par Gore et compagnie. La première, c'est la direction du lien entre le réchauffement climatique et le taux de CO2. Pour certains scientifiques de l'autre camp, dans le passé les réchauffements auraient toujours précédé les augmentations du taux de CO2, plutôt que de les suivre. Si c'est vrai, Gore et Cie mettent la charrue devant les boeufs. La seconde chose qu'ils n'ont pas établie clairement, c'est le lien entre le taux de CO2 et les activités humaines, cette idée qui circule, voulant que les changements climatiques soient issus principalement de la pollution du dernier siècle. Et la troisième chose que trop de gens confondent : les changements climatiques et les autres formes de pollution. C'et lié, je sais, comme tout est lié dans l'univers. Mais je crois que le pire ennemi des villes importantes du monde demeure la pollution atmosphérique. C'est pire à mon sens que le réchauffement. Contre la pollution, il faut lutter, mais au réchauffement il faudra apprendre à s'adapter. Comme nos prédécesseurs lointains avaient appris à s'adapter aux glaciations.
J'en suis venu d'avis qu'il faudrait rapidement dépolitiser tout cela en commençant par distinguer les causes à défendre. Les déchets toxiques ? L'extinction rapide de certaines espèces, comme les ours polaires ? La faim dans le monde ? Il faudrait, ce me semble, moins de généralistes et plus de spécialistes. Et de grâce, essayons de creuser le moins possible sous les draps de ceux qui ne partagent pas notre point de vue. Comme une amie me rappelle souvent en citant Malraux : montons d'un cran. La question de fond me semble être présentement celle-ci : comment arrêter cette folie furieuse d'usines à éthanol ? Et, encore plus urgent : comment faire pour que chacun puisse manger à sa faim, en tout cas mettre fin à ces morts trop nombreuses d'enfants à cause de l'écart, grandissant au Canada du moins, entre les trop nantis et les anéantis dans la misère ?