Mince réduction de l'intensité des GES en Alberta
Mots clés : Environnement, Alberta, GES, Changements climatiques, Canada (Pays)
Selon un bilan préliminaire du gouvernement albertain, les grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de cette province ont réduit, quoique marginalement, «l'intensité» de leurs émissions, lesquelles auraient cependant continué d'augmenter en chiffres absolus.
«Ce gouvernement désinforme sa population avec une comptabilité douteuse parce qu'il prétend avoir réduit ses émissions de 12 % en intensité, explique Dan Woynillowicz, un analyste senior de l'Institut Pembina. Mais la plupart des pollueurs ont acheté leur conformité en versant de l'argent au gouvernement. Et nous croyons que pas un sou ou presque de tout cet argent servira à financer des crédits d'émissions pour effacer tangiblement les émissions pourtant bien réelles de ces compagnies.»
De son Côté, Nashina Shariff, de la Société de surveillance des toxiques de l'Alberta, expliquait hier au Devoir par téléphone que cette mince réduction de l'intensité des GES masquait une augmentation en chiffres absolus en raison de l'augmentation importante de la production des sables bitumineux. Mais, dit-elle, le gouvernement albertain n'a pas voulu préciser l'importance de cette augmentation en chiffres absolus pour ne pas perdre la face.
Selon Nashina Shariff, l'Alberta doit hausser rapidement autour de 30 $ le coût de la tonne de GES et porter ce montant à 75 $ d'ici 2020, comme le recommande l'ONU, si elle veut vraiment que la séquestration de CO2 devienne une option rentable pour ces sociétés commerciales.
Quant aux Albertains, ils ne font pas beaucoup confiance à leur gouvernement pour lutter contre les changements climatiques. Selon un sondage Léger Marketing commandé par l'Institut Pembina, 57 % d'entre eux estiment que leur gouvernement n'en fait pas assez et 62 % pensent qu'il devrait plafonner les émissions des exploitants des sables bitumineux, même si cela doit signifier le report ou l'annulation de certains projets.
Quant aux autochtones de la région, ils sont sur un pied de guerre depuis une semaine à la suite de la mort de plus de 500 canards, empoisonnés dans les étang toxiques de Syncrude Canada. C'est dans ce genre de bassins de rétention que s'accumulent généralement les eaux usées de l'industrie pétrolière de la région de Fort McMurray.
Pour les bandes autochtones, l'Alberta doit impérativement faire le point scientifiquement sur la contamination croissante des rivières qui écopent des écoulements de ces étangs de rétention et des rejets industriels. Trop de signes, disent-ils, d'intoxication à l'arsenic, au mercure et aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont désormais disponibles à partir d'analyses faites sur des poissons et la sauvagine pour ne pas penser que ces communautés sont maintenant aux prises avec une contamination sévère de leurs eaux.
Vos réactions
L'économie prime toujours sur l'environnement - par Marc-André Plamondon
Le lundi 05 mai 2008 22:00
Vous non plus Monsieur Desjardins - par Fernand Trudel (trudel.f@videotron.ca)
Le lundi 05 mai 2008 21:00
Monsieur Fafafrd vous avez raison - par Fernand Trudel (trudel.f@videotron.ca)
Le lundi 05 mai 2008 21:00
Encore une fois, n'importe quoi pour M.Trudel ! - par Luc Pépin
Le lundi 05 mai 2008 21:00
Rien ne change - par Guy Fafard
Le lundi 05 mai 2008 16:00
M. Trudel.. vous ne savez pas lire. - par Normand Desjardins
Le lundi 05 mai 2008 13:00
Ca en bouche un coin - par Fernand Trudel (trudel.f@videotron.ca)
Le lundi 05 mai 2008 09:00
J'aurais préféré "Augmentation absolu des GES en Alberta" pour le titre - par Geoffrey Garver
Le lundi 05 mai 2008 07:00
Pourquoi le titre parle des GES - par Dominic Pageau
Le lundi 05 mai 2008 04:00

