Bagdad enquêtera sur l'implication de l'Iran en Irak
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Bagdad doit former une commission pour établir d'éventuelles interférences iraniennes en Irak, a annoncé hier un officiel, qui a indiqué que les autorités irakiennes étaient à la recherche de «preuves».
Les États-Unis mettent régulièrement en cause des ingérence iraniennes en Irak pour expliquer les violences dans ce pays.
Cette commission sera composée des représentants des ministères chargés des affaires de sécurité, a précisé M. Dabbag, laissant entendre que les ministères de la Défense et de l'Intérieur en feront partie.
Interrogé sur des saisies d'armes iraniennes récentes évoquées régulièrement par le commandement américain en Irak, il a indiqué: «Nous n'avons pas ce genre de preuves. Nous cherchons des preuves et nous voulons présenter des documents plus tard.»
«Si nous obtenons ces preuves, nous défendrons notre pays», a ajouté le porte-parole. Ces commentaires interviennent alors que des combats violents opposent depuis fin mars des miliciens chiites et des troupes américaines dans le bastion à Bagdad du chef radical anti-américain Moqtada Sadr.
Le commandement américain évoque régulièrement dans ces affrontements l'action des «groupes spéciaux», des extrémistes chiites qui sont, selon lui, entraînés, financés et armés par des services iraniens. Sans mettre en cause directement le gouvernement de Téhéran, les militaires et les diplomates américains désignent les Gardiens de la Révolution, corps d'élite du régime, comme responsables du soutien aux «groupes spéciaux».
M. Dabbag a indiqué que l'Irak était décidé à avoir de bonnes relations avec l'Iran. «Le passé est le passé», a souligné le porte-parole dans une allusion à la guerre lancée par Saddam Hussein contre la République islamique d'Iran en 1980, qui a duré huit ans et fait des centaines de milliers de morts.
M. Dabbag a évoqué une visite cette semaine de parlementaires irakiens en Iran, en assurant que ces émissaires n'étaient pas mandatés par le gouvernement et qu'ils ont eu des discussions utiles, obtenant le soutien de l'Iran pour en finir avec la crise actuelle.
«Ils ont eu des entretiens francs à propos des craintes et des préoccupations de l'Irak», a assuré M. Dabbag.
Par ailleurs, l'épouse du président irakien Jalal Talabani a échappé hier à un attentat dans le centre de Bagdad, où 13 miliciens chiites ont été tués par l'armée américaine dans de nouveaux combats.
Le convoi de Mme Hero Ibrahim Ahmed, 60 ans, a été visé par une bombe près du Théâtre national, dans le quartier de Karrada. Elle a échappé à la déflagration, mais quatre de ses gardes du corps ont été légèrement blessés.
Mme Talabani, âgée de 60 ans, est une femme d'affaires active dans le domaine de la communication. Elle est la fille d'Ibrahim Ahmed, l'un des fondateurs du Parti démocratique du Kurdistan (PDK).
Dans le même temps, le commandement américain a annoncé que 13 miliciens chiites avaient été tués depuis samedi soir dans des accrochages dans Sadr City, bastion du chef radical antiaméricain Moqtada Sadr.

