Le Labour se relèvera, croit Gordon Brown

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AFP
Édition du lundi 05 mai 2008

Mots clés : Élection, défaite, Grande-Bretagne (pays), Gordon Brown, Labour, Parti politique

Le premier ministre a participé à plusieurs émissions, hier.

Photo: Agence Reuters

Londres -- Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a estimé hier que le Labour, parti qu'il dirige depuis juin 2007, pourrait se relever de sa plus importante défaite en quarante ans, affirmant être le seul à pouvoir résoudre les difficultés économiques qui en sont responsables.

«C'est un verdict très sévère», a déclaré sur Sky News le premier ministre, qui est apparu hier matin sur plusieurs chaînes de télévision pour lancer son opération de reconquête des Britanniques après les élections locales de jeudi en Angleterre et au Pays de Galles.

Selon des estimations de la BBC, les travaillistes se sont classés en troisième position (24 % des voix), derrière les libéraux-démocrates (25 %) et à vingt points derrière les conservateurs (44 %) qui, de surcroît, ont remporté la capitale, Londres.

Interrogé sur BBC1 sur la capacité du Labour à remonter la pente, M. Brown a lancé: «Bien sûr, je suis certain que nous pouvons nous en remettre.» Les prochaines élections législatives doivent avoir lieu d'ici à mai 2010.

Reconnaissant que ce n'était pas son «meilleur week-end», il a dit se sentir «responsable» de la déconfiture de son parti et ajouté qu'il n'y avait «absolument aucune justification de [sa] part».

«Peut-être ai-je passé un peu trop de temps à... entrer dans les détails pour résoudre les problèmes des gens. Mais pour résoudre les problèmes des gens, vous devez comprendre leurs problèmes», a-t-il poursuivi, citant la hausse des prix tous azimuts (nourriture, pétrole, logement), la santé, l'éducation, l'emploi ou encore la sécurité.

«Je ressens la douleur qu'ils ressentent», a-t-il confié, soulignant qu'il avait été élevé dans une famille modeste et avait «connu la rigueur».

«Nous avons une stratégie pour surmonter ces difficultés économiques», a affirmé celui qui a pris la succession de Tony Blair en juin 2007, promettant «des annonces dans les prochaines semaines» sans en donner la teneur.

Il a néanmoins assuré qu'il maintiendrait son projet controversé, y compris dans ses rangs, de prolonger à 42 jours -- contre 28 actuellement -- la période de détention provisoire des personnes soupçonnées d'activités liées au terrorisme.

Quant aux appels internes au Labour pour son départ de Downing Street, Gordon Brown a précisé qu'il pensait «être la meilleure personne dans le pays, avec le ministre des Finances, Alistair Darling, pour affronter ces défis».

Le ministre des Affaires étrangères, David Miliband, que certains aimeraient voir remplacer M. Brown, a déclaré hier après-midi: «Je pense qu'il était le meilleur l'an dernier, qu'il est le meilleur cette année et je pense qu'il est le meilleur pour nous conduire aux prochaines législatives.»

Le Labour a reçu «une bonne correction» dont la responsabilité est «collective» au sein du Cabinet, a-t-il ajouté. «Je pense qu'il est temps pour le Labour de s'unir, de s'organiser et de s'assurer que nous abordons les vrais problèmes et les vraies inquiétudes des électeurs», a-t-il ajouté.

Pour Gordon Brown, il est important de faire passer le message aux Britanniques que le gouvernement a compris leurs inquiétudes et de les convaincre qu'il sait «avec force et précision la direction à suivre», a-t-il dit sur BBC1.

«Je suis optimiste pour l'avenir du Royaume-Uni», a-t-il confié. «À l'heure actuelle, tous les gouvernements sont sous pression à cause de ce qui se passe dans le monde», a-t-il relevé.

Sur Sky News, il s'est déclaré «certain» de battre le dirigeant Tory David Cameron aux prochaines législatives.


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