Birmanie - Le cyclone Nargis transforme l'ex-Rangoon en une véritable « zone de guerre »
Mots clés : Nargis, cyclone, Décès, Désastre naturel, Myanmar (Birmanie) (pays)
Au moins 350 morts et 20 000 habitations détruites

Photo: Agence Reuters
Ce cyclone de catégorie 3, qui a rasé deux localités de l'ex-Birmanie, était accompagné de pointes de vent soufflant à 190 km/h lorsqu'il a dévasté dans la matinée l'ancienne Rangoon. Les rues sont jonchées de voitures renversées, d'arbres déracinés et de débris divers provenant de bâtiments endommagés.
«Une véritable zone de guerre» -- c'est en ces termes qu'un diplomate en poste dans l'ancienne capitale décrit la situation dans un courriel adressé au bureau de Bangkok de Reuters. «Les arbres barrent toutes les rues, les poteaux électriques sont par terre, les hôpitaux dévastés et l'eau potable est devenue rare.»
D'après la presse officielle de l'ancienne capitale birmane, seulement un bâtiment sur quatre est toujours debout après le passage de Nargis à Laputta et Kyaik Lat, deux localités situées dans le delta rizicole et accessibles principalement par bateau. On ignore le nombre des victimes.
À Yangon, de nombreuses toitures se sont envolées, y compris sur des bâtiments paraissant solides, laissant entendre l'étendue des dégâts dans les bidonvilles de la périphérie de cette mégapole de cinq millions d'habitants.
Les humanitaires étrangers, dont les mouvements sont restreints par la junte militaire au pouvoir, n'ont pas réussi à se rendre dans de nombreux quartiers déshérités pour évaluer les dégâts.
«Je n'avais jamais rien vu de pareil», a déclaré à Reuters, un ancien fonctionnaire du gouvernement à la retraite. «Cela m'a rappelé l'ouragan Katrina en Louisiane.»
Répercussions
sur le référendum
Bien que le soleil ait fait sa réapparition hier matin, l'ancienne capitale birmane est toujours privée d'eau et d'électricité.
«Il est très difficile de dire quand nous pourrons rétablir l'alimentation [en électricité]. Nous devons encore évacuer les débris», a déclaré un responsable de l'agence nationale de l'électricité.
Les experts en catastrophes naturelles des Nations unies estiment qu'il faudra plusieurs jours pour connaître l'étendue réelle des dégâts provoqués par le passage du cyclone dans un pays dirigé depuis 1962 par une junte militaire qui communique très peu.
Installés à Naypyidaw, les généraux ont très probablement évité le pire de la tempête.
«Il ne semble pas y avoir un nombre élevé de victimes, mais il y certainement beaucoup de dégâts au niveau des biens et des infrastructures», a déclaré Therje Skavdal, directeur régional du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).
«Il est encore tôt et il faudra quelques jours pour que nous ayons un aperçu global des dégâts», a-t-il dit à Reuters à Bangkok.
Le bilan risque de s'alourdir à mesure que les autorités pourront établir un contact avec les villes et villages situés le long de la côte où les services météorologiques avaient annoncé une montée de 3,5 mètres du niveau des eaux.
Selon les médias officiels, quatre bateaux ont coulé dans le port de Yangon.
Un responsable de l'aéroport international de Yangon a déclaré que tous les vols à destination de l'ex-capitale avaient été déroutés sur Mandalay, la deuxième ville du pays.
Les Nations unies ont proposé leur aide, mais aucune réponse n'est pour le moment venue de la junte birmane.
Dernière inconnue: les répercussions de Nargis sur la tenue
du référendum constitutionnel controversé voulu par l'armée et en principe prévu le 10 mai.
Le typhon se dirige désormais vers le nord de la Thaïlande où il provoque déjà de fortes pluies.
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(Avec Khettiya Jittapong et Darren Schüttler à Bangkok, et Gwenaëlle Barzic et Jean-Loup Fiévet)

