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Ça s'appelle du «Sport National» !
Les joueurs de hockey, ceux de la Sainte Flanelle de Montréal, par exemple, sont les seuls humains de la planète Terre qui travaillent de 8 à 9 mois par année, au cours desquels ils ont à «figurer» sur glace et plus longtemps sur banc, environ 3 heures/semaine; qui «jouent» et «s'amusent», en moyenne 12 heures/semaine; qui voyagent en «jet privé» et se nichent aux palaces du «jet set»; dont les revenus annuels cousus des fils blancs des abris fiscaux et des «obligeances de l'ALÉNA», tous avantages compris, donnent dans les 7 ou 8 chiffres; qui ont droit à toutes les léthargies et à tous les bas-fonds que très peu de divas s'autorisent; que l'on applaudit à tout rompre quand ils l'emportent et quand ils échouent lamentablement, perdent et se font éliminer un 3 mai. Mais, aucun d'entre eux ne se gêne pour empocher et empiler des millions de piastres que leurs agents siphonnent aux proprios d'équipes. Ces messieurs du bleu, blanc, rouge ont pris un congé bien mérité, dimanche. Ils passeront vider leurs casiers, lundi, disait le communiqué de presse ! Tous les oiseaulogues des volières de la paperasse et des gloriettes macro médiatiques se vident la plume et se détraquent la glotte, faisant très consciemment la promotion mur à mur de ce «job» regroupant des millionnaires qui forment une élite dont le vocabulaire du discours «à la troisième personne» compte à peu près 200 mots «zé liaisons terronées» en sus. Les grandes voix de la radio et de la télé sportive portent ces divas aux nues du panthéon de «l'exemplarité par défaut». Quand on se limite à les entendre glousser qu'ils ont donné leur 110%, on essaye d'imaginer ce que ce serait, s'il ne leur fallait donner que 100%. Essayez donc d'expliquer aux jeunes fans des «Glorieux de Montréal» ou aux fans, tout court, de tous les autres «Elvis Graton», «Tartempions», «Bougons» et «pions» pluriels du hockey dit professionnel, qu'il faut trimer dur, qu'il faut faire de sérieux sacrifices, qu'il faut possiblement avoir deux jobs totalisant 80 heures /semaine, payées à 8.50$ l'heure; qu'il faut aller travailler, après avoir pelleté près d'une heure et même si on a mal à l'aine (la «laine» à Tit Guy) et qu'ils faut multiplier les économies et les contorsions de la privation continue, si l'on veut être capable de joindre honorablement les deux bouts et boucler intelligemment les fins de mois! Et c'est ainsi que notre Patrick Roy national, grimpé aux bandes du Colisée Pepsi et hissé sur les remparts de la Capitale, fait figure d'intouchable héro et de colosse braqueur, alors qu'il s'est fait commanditer à vie à l'OTSN, (l'Ordre des Templiers du Sport National).
Gerry Pagé
Ville de Québec
