La défaite de Mugabe est confirmée par la Commission électorale

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AFP
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mai 2008

Mots clés : Commission électorale, Robert Mugabe, Zimbabwe (pays)

«Je pense qu'il s'agit d'un vote de confiance envers les conservateurs», a estimé le chef de file de ces derniers, David Cameron (à droite).

Photo: Agence Reuters

Harare -- Le chef d'État zimbabwéen, Robert Mugabe, a subi une défaite historique hier, les résultats officiels du scrutin présidentiel du 29 mars le plaçant derrière son rival Morgan Tsvangirai, mais il a déjà fait savoir qu'il se plierait à un second tour.

Mugabe, 84 ans, qui dirige l'ex-Rhodésie du Sud britannique depuis 1980, avait déjà assisté au revers sans précédent de son parti, qui a perdu la semaine dernière la majorité qu'il détenait depuis 28 ans à la Chambre des députés.

Hier, après plus d'un mois d'attente, la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) a annoncé que Morgan Tsvangirai, le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), avait remporté 47,9 % des suffrages le 29 mars contre 43,2 % pour Mugabe.

Puisque aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue des bulletins exprimés, la ZEC a convoqué un second tour à une date qui reste à déterminer.

Le président Mugabe a immédiatement «accepté sa défaite et participera à un second tour», a indiqué son parti, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF).

Mais le MDC, qui revendique depuis plusieurs semaines la victoire de son leader dès le premier tour, a jugé l'annonce des résultats «scandaleuse». «La Commission électorale s'est emballée», a regretté Nelson Chamisa, le porte-parole du MDC.

«Morgan Tsvangirai est le président de la république du Zimbabwe dans la mesure où il a remporté le plus grand nombre de voix», a surenchéri Tendai Biti, numéro deux du MDC depuis Johannesburg.

«Nous pensons qu'il ne peut y avoir de deuxième tour», a-t-il ajouté, concédant cependant qu'aucune décision définitive n'avait été arrêtée sur la participation du MDC à ce scrutin. Selon la Constitution zimbabwéenne, si un candidat se retire entre les deux tours, l'autre est automatiquement déclaré vainqueur.

Tsvangirai avait reconnu à la mi-avril qu'il pourrait se résigner à un second tour si «un nouveau contexte électoral» était garanti avec la participation d'observateurs internationaux.

L'ex-ministre des Finances Simba Makoni, arrivé en troisième position avec 8,3 % des suffrages, a lancé un appel au dialogue. «Pour que le pays puisse avancer, il faut que les leaders politiques travaillent ensemble. Le pays ne peut pas se permettre une nouvelle élection. [...] Ce serait beaucoup trop cher», a-t-il déclaré.

Doutes

À l'étranger, Londres et Washington ont mis en doute la crédibilité des résultats, appelant à «une interruption immédiate de la violence». La Commission européenne a souhaité la présence d'observateurs internationaux pour garantir un second tour «juste et libre».

L'opposition accuse le régime de vouloir se servir d'un second tour pour lui voler la victoire en intimidant les électeurs et avance un bilan d'au moins 20 morts dans ses rangs et des centaines de blessés.

Hier, l'agence des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a indiqué apporter une aide d'urgence à plus de 1500 personnes déplacées par les violences. La mission des observateurs de l'Afrique australe a dénoncé une hausse des «violences, tortures et pillages» depuis les élections, imputant la responsabilité de ce «climat d'intolérance» au pouvoir comme à l'opposition.


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