Léger répit dans la forêt

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La Presse canadienne
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mai 2008

Mots clés : emploi, Domtar, Économie, Forêt, Québec (province)

À l'approche de l'été, une lueur d'espoir apparaît pour les travailleurs québécois de Domtar et d'AbitibiBowate.

La redistribution des volumes de coupe proposée jeudi par le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, permettra à Domtar de faire travailler environ 185 personnes de plus à ses scieries de Matagami, dans le Nord-du-Québec, et de Val-d'Or, en Abitibi, a indiqué hier un porte-parole de l'entreprise, Michel Rathier.

Domtar ajoutera un troisième quart de travail à Val-d'Or et un deuxième quart à Matagami, ce qui entraînera le rappel de 85 employés d'usine et d'une centaine de travailleurs en forêt.

En revanche, Domtar fermera définitivement sa scierie de Lebel-sur-Quévillon, dans le Nord-du-Québec, déjà inactive depuis 18 mois. Le tiers des 416 000 mètres cubes de bois qui y étaient associés sera désormais transformé à Matagami. Le reste passera à l'usine Comtois d'AbitibiBowater, à l'entreprise Barette-Chapais et aux Chantiers Chibougamau, tous situés dans le Nord-du-Québec. Le transfert permettra de compenser la perte des volumes de coupe récemment décrétée par le forestier en chef du Québec.

Au cours d'un entretien téléphonique, Renaud Gagné, vice-président du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP-FTQ), a dit espérer que la redistribution des volumes de bois favorisera la réouverture de l'usine de pâte de Domtar à Lebel-sur-Quévillon.

AbitibiBowater

On s'attend par ailleurs à ce que le ministre Béchard annonce la semaine prochaine la survie de l'usine Laurentides d'AbitibiBowater, située dans l'arrondissement Grand-Mère de Shawinigan, en Mauricie. Les usines de Beaupré et de Dolbeau, qui sont également «sous la loupe», seraient aussi sauvées.

Une nouvelle garantie de Québec quant à l'approvisionnement en bois de même que des concessions syndicales permettraient à AbitibiBowater de maintenir l'exploitation des usines en respectant ses objectifs de réduction de coûts.

Le prix à payer pourrait être l'abandon définitif de l'usine d'AbitibiBowater à Donnaconna, dans la région de Québec, qui est fermée depuis janvier.

Selon M. Rathier, la consolidation aura un impact positif sur le projet de Domtar de se départir de ses activités forestières au Québec et en Ontario.

«Malgré le fait qu'on va avoir des opérations réduites, on va avoir des opérations qui vont être potentiellement plus viables, alors ça rend ces actifs-là plus attrayants», a-t-il déclaré au cours d'un entretien téléphonique.

En juin dernier, Domtar avait annoncé la vente de ses scieries à Conifex, une entreprise créée spécialement à cet effet par l'investisseur Ken Shields, pour 285 millions de dollars. La transaction a achoppé parce que Québec refusait de transférer à Conifex la totalité des permis de coupe détenus par Domtar, vu l'inactivité de certaines usines.

Le porte-parole de M. Shields, Jonathan Goldbloom, a indiqué que l'homme d'affaires suivait le dossier de près et qu'il était possible que des discussions reprennent avec Domtar la semaine prochaine.

Le titre de Domtar a clôturé hier à 6,02 $, inchangé par rapport à la veille, alors que celui d'AbitibiBowater a terminé la séance à 9,93 $, en hausse de 0,7 %, à la Bourse de Toronto.


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