L'emploi américain s'est moins dégradé que prévu

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mai 2008

Mots clés : crise, emploi, Économie, États-Unis (pays)

Les craintes d'une crise profonde et prolongée s'éloignent

Washington -- Le marché du travail s'est moins dégradé que prévu en avril aux États-Unis, avec 20 000 suppressions d'emplois seulement, provoquant le soulagement des places financières mondiales. De son côté, le chômage a reculé à 5 % de la population active, contre 5,1 % le mois précédent, a indiqué hier le département du Travail.

Même si avril marque le quatrième mois consécutif de suppressions nettes d'emplois, ces chiffres constituent une bonne surprise pour les analystes qui tablaient sur 75 000 suppressions d'emplois -- après 81 000 le mois précédent -- et un taux de chômage à 5,2 %.

«Dans l'ensemble, la petite contraction des embauches soutient l'idée d'une récession ou crise douce pour l'économie américaine. Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais cela réduit les craintes d'une crise profonde et prolongée», a affirmé Stephen Gallagher, de la Société Générale.

«Les pertes d'emplois sont très en deçà du niveau normal pour une récession à ce point du cycle économique», a souligné l'économiste indépendant Robert Brusca. «L'équation est bancale pour les tenants de la récession», a-t-il ajouté.

La crise de l'immobilier

Cependant, les détails du rapport révèlent une économie toujours freinée par la crise de l'immobilier. Le secteur de la construction a perdu 61 000 emplois et l'industrie 46 000. Le commerce de détail a lui aussi détruit 27 000 postes, mais ailleurs dans les services le bilan a été positif: +52 000 pour l'éducation-santé, +39 000 pour les services aux entreprises et +18 000 pour les loisirs. «Dans les secteurs traditionnellement sensibles aux ralentissements économiques, l'emploi baisse assez vite, et c'est un signe que le marché du travail n'est pas encore sain», a estimé Avery Shenfeld, de CIBC World Markets.

Mais pour la banque centrale, ces chiffres devraient être un soulagement, en la confortant dans son intention de faire une pause dans son cycle d'assouplissement monétaire. La Fed avait abaissé son taux directeur d'un quart de point pour le ramener à 2 % mercredi, et laissé entendre qu'elle préférerait ensuite le statu quo.

Elle peut se le permettre si l'économie est atone, mais pas en chute libre -- un scénario qui avait commencé à se dessiner mardi avec l'annonce d'une croissance de 0,6 % seulement au premier trimestre. «Pour avoir de nouvelles baisses des taux, il faudrait une faiblesse persistante de l'emploi et de l'économie, accompagnée d'un regain de turbulences sur les marchés financiers. Pour le moment, les tendances de l'emploi valident les signaux de la Fed sur une pause», a affirmé M. Gallagher.

La banque centrale peut en effet espérer que la conjoncture va rapidement s'améliorer avec le plan de relance budgétaire, qui va se traduire par de coquets chèques de remises d'impôts pour la majorité des ménages.

Ce coup de pouce au pouvoir d'achat sera d'autant plus nécessaire que les salaires sont en forte décélération: en avril, le salaire horaire a progressé de 0,1 % seulement, alors que les analystes tablaient sur une progression de 0,3 %.

La banque centrale peut aussi espérer un répit du côté des marchés qu'elle a encore soutenu hier avec une action visant à accroître les liquidités, en concertation avec la Banque centrale européenne et la Banque nationale suisse.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?