Revue de presse - L'inquiétude des uns et des autres

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Manon Cornellier
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mai 2008

Mots clés : crise alimentaire, Parti politique, Gouvernement, Canada (Pays), Québec (province)

La crise alimentaire mondiale suscite les mêmes questions existentielles partout au pays. À quoi l'attribuer? Comment la contrer? Le gouvernement fédéral a finalement annoncé qu'il augmentait l'aide alimentaire canadienne et, nouveauté, que celle-ci ne serait pas liée à l'achat de la moitié des denrées chez nous. Ce changement a attiré l'attention du Ottawa Citizen, car pareille condition était tout simplement «stupide». «Cela n'a aucun sens lorsque le but premier est de fournir des aliments rapidement, à faible coût et efficacement à des gens en Haïti, au Sénégal ou en Afghanistan. De plus, l'aide dite liée ne fait rien pour encourager le développement de marchés agricoles dans les pays pauvres.» Le Citizen espère qu'il ne s'agit que du premier signe d'un changement de politique destinée à faire face aux pénuries alimentaires, car l'aide d'urgence ne change rien aux raisons profondes de la crise.

Cette crise planétaire n'a toutefois pas éclipsé celle qui se dessine au pays sur le front économique. Tous les journaux se sont penchés sur le sujet, mais, en Ontario, on a été particulièrement secoué par un rapport de la Banque TD annonçant que l'Ontario rejoindrait les provinces moins nanties et bénéficiaires de la péréquation alors que Terre-Neuve s'en abstiendra d'ici un an pour la première fois de son histoire.

Presque tous les journaux ontariens ont pris fait et cause pour leur province, faisant écho aux appels du gouvernement McGuinty qui trouve insensé d'envoyer plus de milliards à Ottawa qu'il n'en reçoit, lui qui préférerait garder cet argent pour faire face à ses difficultés. Le Toronto Sun note que, même si l'Ontario recevait de la péréquation, il verserait encore davantage d'argent à Ottawa qu'il n'en recevrait. «Ceci illustre l'absurdité de la formule de péréquation. L'Ontario pourrait techniquement se retrouver à financer ses propres versements à partir de l'argent qu'il envoie à Ottawa pour aider les autres provinces.» Chroniqueuse au même journal, Christina Blizzard se méfie de la réaction d'Ottawa, qui, à une autre époque, avait changé la formule pour éviter de verser de la péréquation à l'Ontario.

Dans ce contexte, plusieurs ont commencé à examiner la stratégie économique du gouvernement Harper, ses attaques constantes contre la politique fiscale de la province et son refus d'intervenir pour aider les entreprises en difficulté. Le Toronto Star souligne que ce sont les plus pauvres qui vont en subir les contrecoups et Ottawa ne leur offre rien.

Le National Post est d'un avis totalement contraire. Un déficit serait «non seulement irresponsable mais inutile». Le Post pense qu'il y a encore bien du gras à couper à Ottawa avant d'en arriver là.

On se calme!

À ceux qui ne l'auraient pas remarqué, Thomas Walkom, du Toronto Star, rappelle que ce ne sont quand même pas les années 1930. «Si l'Ontario est en récession, c'en est une bien étrange»: taux de chômage à 6,4 % et en très légère hausse, augmentation des revenus hebdomadaires moyens de 3 % par année, soit plus que l'inflation. Ça ne met aucun baume sur les plaies des travailleurs qui perdent leur emploi, il en convient, mais il note qu'à part Windsor, les villes dépendantes du secteur manufacturier n'ont pas particulièrement souffert. À Oshawa et à Hamilton, le taux de chômage reste autour de 7 %. Lors de la récession du début des années 1990, le taux de chômage ontarien avait atteint 11 %. Walkom ne nie pas l'existence de certaines conditions qui peuvent faire craindre une récession, mais il trouve encore plus intéressant qu'on ait pu y résister et qu'on le fasse encore.

Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, relève l'effet que la flambée des prix du pétrole et des produits agricoles a sur les différentes régions du pays. Si l'Ouest et Terre-Neuve en sortent gagnants, les autres écopent. Et selon lui, le fossé ne pourra que s'élargir, la migration vers l'Ouest des travailleurs et des investissements que se poursuivre et les tensions au sein de la fédération que s'accentuer. Toutefois, Simpson avertit les chanceux que «le boom dans l'Ouest est un leurre et un piège. Il est facile d'envoyer des matières premières aux États-Unis et en Asie. La demande est forte, tout comme les prix. Il suffit de planter, de forer, de nettoyer et de compter l'argent. Ça peut être amusant d'être riche, de distribuer les dollars et de profiter du bon temps. Mais la chose la plus difficile en politique est de planifier à long terme.» Selon lui, ces provinces devraient se demander si elles ne peuvent pas faire mieux pour transformer ces produits au pays, accroître leur valeur ajoutée et même trouver une façon d'assurer un développement durable. D'assurer l'avenir, en somme.

Vote douteux

Le conflit entre le gouvernement Harper et Élections Canada commence à sérieusement déranger. «Contrairement à certains pays en développement -- on pense au Zimbabwe --, le Canada est une démocratie mature où l'organisme indépendant chargé des élections n'est ni sous la coupe du gouvernement ni objet de ses attaques. C'est ce qui, par conséquent, rend si troublants les assauts répétés du gouvernement conservateur contre Élections Canada et ses fonctionnaires», écrit le Globe and Mail. Selon le quotidien, les conservateurs ont touché le fond du baril en votant contre la motion bloquiste demandant au Parlement de réitérer sa confiance en Élections Canada. Le Globe dénonce cette motion qui n'était, à ses yeux, qu'une manoeuvre politique sans souci aucun pour l'intérêt public. Mais elle a été présentée et il revenait aux conservateurs de l'appuyer. «Ils ont plutôt refusé, de façon imprudente, de reconnaître la légitimité de l'organisme qui doit assurer la tenue d'élections libres.»

mcornellier@ledevoir.com


Vos réactions


De l'écrémage au Canada - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le samedi 03 mai 2008 13:00

Le libre marché ! - par Michel Leclaire (leclaire.michel@videotron.ca)
Le samedi 03 mai 2008 11:00

L'éthanol et Gore au banc des accusés- électioon canada de la p"tite bière - par Fernand Trudel (trudel.f@videotron.ca)
Le samedi 03 mai 2008 09:00

Quel système de fou - par Gilles Baillargeon
Le samedi 03 mai 2008 08:00

Le neorhino.ca appuie Élections Canada - par Serge Grenier (serge.grenier@gmail.com)
Le samedi 03 mai 2008 08:00

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?