New Jersey - Un hôtel d'un autre temps

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Carolyne Parent
Édition du samedi 03 et du dimanche 04 mai 2008

Mots clés : Chalfonte, New Jersey, hébergement, Tourisme, États-Unis (pays)

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L'hôtel Chalfonte, érigé en 1876.

Photo: Carolyne Parent

Cape May -- Située sur la pointe sud du New Jersey, Cape May est bien connue pour sa collection unique de manoirs victoriens et de grands hôtels du XIXe siècle. Si la plupart de ces établissements offrent les petits luxes propres à notre époque, il en est un qui y résiste allègrement, au nom de la tradition: c'est l'hôtel Chalfonte, construit en 1876 par un héros de la guerre civile américaine. Des 70 chambres que compte ce national historic site, seules une douzaine ont leurs commodités privées. Aucune n'est équipée d'un téléphone, et encore moins d'un téléviseur ou d'un climatiseur. Une connexion Internet Wi-Fi? Vous voulez rire!

De deux choses l'une, pensez-vous: soit le Chalfonte est au bord de la faillite, soit il affiche des tarifs ridiculement bas. Détrompez-vous: on y demande de 130 $US à 300 $US la nuitée en occupation double (deux repas compris), et l'hôtel, ouvert de mai à octobre, est complet une bonne partie de l'été.

Son succès, le Chalfonte semble le devoir justement à son immuabilité. De fait, la copropriétaire Anne LeDuc le préserve exactement comme elle l'a elle-même connu, enfant. Et comme l'ex-membre de l'équipe américaine de hockey sur gazon a aujourd'hui 83 ans, cela signifie que le manoir est figé dans le passé. Ainsi, les supports des anciennes lampes à gaz sont encore fixés aux murs, et ce sont loin d'être les seules antiquités du lieu!

En fait, l'attachement qu'on porte au Chalfonte est tel que depuis 1980, chaque printemps, des dizaines de volontaires viennent, le temps d'un week-end, préparer sa réouverture. Ils déboursent 25 $US chacun pour leur gîte et couvert et travaillent 10 heures au rafraîchissement du plus vieil hôtel de Cape May. Peinture, blanchissage de la literie, ébénisterie, tout y passe. «Nous avons une banque de 1500 bénévoles qui viennent de partout aux États-Unis pour nous donner un coup de main», note, non sans fierté, Mme LeDuc.

Les hôtes semblent apprécier la convivialité qui règne ici. «Le soir, ils s'assoient sous le porche, dans les hautes chaises berçantes de bois, et sortent leur guitare, leur violon, raconte Debra Donahue, directrice des relations publiques. Le personnel fait de même, des passants se mettent de la partie et tout le monde chante!» À hôtel d'une autre époque, ambiance d'une autre époque. Et c'est précisément ce qui rend le Chalfonte si attachant. www.chalfonte.com.

Collaboratrice du Devoir


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