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Compréhensible, mais...
Enfin une initiative qui va dans le sens de la paix : convier certains Afghans pouvant avoir une influence sur leurs compatriotes, qu'ils soient talibans ou pas, à des échanges de paix. Il est compréhensible que le ministre de la Défense, Peter MacKay, soit prudent dans la divulgation de renseignements qui pourraient mettre dans l'embarras le gouvernement afghan, comme c'est arrivé récemment.
Mais le dossier taliban est si complexe et éclaté que l'on voit mal comment de si bonnes intentions des militaires canadiens pourront ne pas rester lettre morte. À part les 1500 talibans réels, les milliers d'autres combattants contre l'invasion de leur pays ne sont pas des enfants de choeur. Certains pourront faire semblant de négocier avec nos (inclusif ? !) militaires, mais au bout du compte, leur collaboration sera toujours isolée et dans le but évident d'en tirer un profit personnel passager. Tendre en même temps la carotte et le bâton n'est pas nécessairement la meilleure façon de convaincre un peuple envahi, quelles qu'aient été les raisons première des envahisseurs. Ce conflit me semble en voie de s'éterniser, à un point tel que l'on oublie presque comment il a commencé : par la chasse à Ben Laden.
Cela me fait penser à une petite pièce de théâtre dans laquelle j'avais joué dans ma jeunesse : «La goutte de miel». Le conflit commence avec une goutte de miel échappée chez le boucher. Le chat du boucher, si ma mémoire est bonne, saute sur la goutte. Le chien du client saute sur le chat. Le boucher tue le chien du client. Le client tue le boucher. La famille de celui-ci tue le client. Et, de proche en proche le conflit se répand à toute l'humanité. Les deux derniers à s'affronter se posent la question : comment cela a-t-il commencé ? dit l'un. Par une goutte de miel, répond l'autre. Voilà, la goutte de miel, c'est Ben Laden qui, pourtant, court toujours allègrement à la frontière pendant que les humains s'entretuent en Afghanistan.
