Danse - Sublime tragédie
Mots clés : Houston Ballet, salle Wilfrid-Pelletier, Madame Butterfly, Danse, Montréal
Une passion, une trahison, le choc entre l'Est et l'Ouest sur un air d'opéra connu -- ici porté par la danse: c'est à un étonnant Madame Butterfly que nous convie le Houston Ballet, à l'invitation des Grands Ballets Canadiens.
Celui-ci a habilement intégré dans sa chorégraphie des éléments de rituels nippons, dont certaines formes gestuelles. Il en résulte un bel équilibre entre une danse fluide aux portés spectaculaires, du théâtre d'ombres et un jeu dramatique réaliste et crédible. Même quelques accrochages ne trahissent pas la technique et l'interprétation de haut vol des danseurs.
On comprend que la pièce ait été couronnée depuis sa création en 1995, et qu'elle soit devenue l'oeuvre maîtresse de la troupe texane dès que le chorégraphe en a pris la direction en 2003. D'autant plus qu'il s'agissait de la première création intégrale de Welch, âgé à l'époque de 26 ans.
L'histoire -- faut-il le rappeler? -- est celle de la ravissante geisha Cio-Cio-San, prête à abandonner ses traditions pour l'amour du lieutenant américain Pinkerton. L'arrogance avec laquelle ce dernier coupe court aux traditions nippones pendant leurs noces révèlent ses intentions volages. De fait, le second acte met en scène la geisha abandonnée par son amour et pourtant entêtée à lui rester fidèle et à attendre son retour. Un retour cruel où son fils désormais illégitime lui sera arraché, épreuve fatale pour la dame.
Stanton Welch n'a pas ménagé les effets, sans verser dans les excès pompeux auxquels succombent souvent les ballets: les jeux d'éventails accompagnent sobrement la danse, les cloisons et lampes japonaises teintent le récit de mystère et de discrétion, et d'immenses ailes de papillon blanc ouvrent et clôturent la sublime tragédie.
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Madame Butterfly, Houston Ballet. Chorégraphie: Stanton Welch. Jusqu'à demain à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
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