Manifestations du 1er mai - Salaires et prix des aliments au coeur des défilés
Mots clés : fête du Travail, Manifestations du 1er mai, Manifestation et émeute, Turquie (pays)

Photo: Agence Reuters
Des incidents se sont également produits au Chili, où des personnes masquées, qui s'étaient détachées de la colonne de 20 000 manifestants arpentant la principale avenue de Santiago, ont attaqué à coups de pierres et de bouteilles une succursale de banque, provoquant l'intervention des forces de l'ordre. Bilan: 45 interpellations, d'après la police.
La demande de meilleurs salaires était souvent au centre des revendications de dizaines de milliers de manifestants dans le monde, devant la hausse des prix, notamment des aliments.
En Russie, où l'inflation jette une ombre sur la prochaine investiture du président Dmitri Medvedev, le 7 mai, plus de deux millions de personnes ont participé aux traditionnels défilés du 1er mai, placés sous le signe du pouvoir d'achat.
À Jakarta, ce sont une dizaine de milliers d'Indonésiens, confrontés comme leurs compatriotes à une inflation de plus de 8 % en raison de la poussée des prix des produits alimentaires, qui ont défilé, selon la police.
À Tokyo, où 12 000 personnes se sont rassemblées dans un parc, comme à Séoul, où 5000 salariés se pressaient à une réunion, les syndicats ont exigé la sécurité du travail et de meilleures rémunérations pour les travailleurs précaires et à temps partiel.
En Thaïlande, 2000 ouvriers ont protesté à Bangkok près du siège du gouvernement, accusé de s'intéresser davantage aux questions constitutionnelles qu'au bien-être des travailleurs.
Au moins 20 000 Salvadoriens ont manifesté pour exiger des mesures concrètes en vue de réactiver la production agricole devant la menace d'une pénurie de produits alimentaires, tandis qu'au Guatemala, des milliers de personnes (25 000 selon les organisateurs) ont défilé dans le pays pour dénoncer les bas salaires.
En Allemagne, plus de 400 000 personnes ont participé, d'après des sources syndicales, aux différents rassemblements demandant l'instauration d'un salaire minimum généralisé.
En France, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour la défense du pouvoir d'achat et des retraites. Un millier d'étrangers, salariés mais sans papiers, s'étaient joints à la manifestation, réclamant leur régularisation.
À Dakar, 10 000 Sénégalais ont protesté contre la forte hausse des prix des produits de première nécessité.
À Nairobi, où le président kenyan Mwai Kibaki intervenait à l'occasion du 1er mai, des milliers de salariés l'ont mis au défi d'améliorer leur feuille de paie, se plaignant de l'augmentation des prix des denrées alimentaires. En Afrique du Sud également, les manifestants ont essentiellement axé leur revendications sur la vie chère.
En Italie, où près de 1300 personnes meurent chaque année dans des accidents du travail, plus de 100 rassemblements et défilés ont été organisés, cette fois sur le thème de la sécurité au travail.
Au Maroc, plusieurs milliers de personnes ont défilé à Casablanca pour, elles aussi, dénoncer les mauvaises conditions de travail, illustrées par un récent incendie meurtrier (55 morts) dans une usine.
Les travailleurs colombiens ont, de leur côté, réclamé que la sécurité des syndicalistes soit mieux assurée dans leur pays. Une vingtaine d'entre eux ont en effet été assassinés au cours des quatre premiers mois de 2008, soit autant que pendant toute l'année dernière, affirment leurs organisations.
À Prague, environ 2000 militants et sympathisants du Parti communiste tchèque (opposition) ont profité des célébrations du 1er mai pour fustiger le projet des États-Unis d'installer sur le sol tchèque et en Pologne des éléments de leur bouclier antimissile.
En Chine, l'un des rares pays d'Asie où le 1er mai est chômé, aucun défilé n'était prévu. Cependant, des manifestations antifrançaises se sont déroulées dans cinq villes, dont Pékin, devant les magasins Carrefour pour critiquer la position de la France sur le Tibet.
À La Havane, le président Raúl Castro a présidé le traditionnel défilé du 1er mai sur la place de la Révolution, où des centaines de milliers de Cubains arboraient des portraits du nouveau chef de l'État et de son frère Fidel.

