Avec son récent album, le rockeur change de peau et sort de l'adolescence
Atteint. Plus qu'atteint. Ouvert à vif, au couteau. Ma peau, le nouvel album d'Éric Lapointe, son premier en quatre ans, le premier que j'écoute plus d'une fois au complet depuis... sans doute depuis Obsession, au tout début, en 1994, est si terrifiant d'honnêteté crue qu'il me tue. J'exagère. Me touche, à tout le moins. Excusez la lapalissade, Ma peau est un album tactile, palpable. Pas seulement à cause du boîtier de métal recouvert d'une couche de simili-cuirette imitation épiderme rugueux mais parce que le gars qui chante là-dessus est nu. Terriblement nu. Bien sûr qu'il y a des murs de guitares, des riffs marteau-piqueur en masse, et même des lits de cordes, mais pour l'essentiel, c'est rien de moins que la fouille complète, le passage aux aveux. Sans avocat. La catharsis, en plein public. Effarante transparence. Les chansons prêtent tellement flanc qu'on a le goût de se dévoiler soi-même.
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