Une vraie pièce de musée

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Philippe Mollé
Édition du vendredi 02 mai 2008

Mots clés : restaurant L'Arrivage, Restauration, Montréal

Je dois vous faire un aveu: sans un ami fidèle, il se peut bien que jamais je ne me serais penché sur le restaurant L'Arrivage, au musée Pointe-à-Callière. Erreur, direz-vous, que je m'empresse de réparer en vous faisant découvrir cette petite merveille de resto bien sympathique.

Pourtant, en entrant dans cet établissement, rien ne laisse présager une bonne table: le décor est des plus simples, presque banal, avec des tables et des chaises sans grand confort, des tubulures et des gaines de ventilation qui s'entremêlent à travers le béton...

Toutefois, de l'étage, on peut voir la beauté du port à travers les baies vitrées. Pourquoi donc ne valorise-t-on pas davantage le fleuve et le port à Montréal? Partout ailleurs, les bords de l'eau sont attrayants; chez nous, on les cache. Pour une fois, donc, on m'invitait en me réservant des surprises.

Le menu se compose d'un choix limité d'entrées tandis que, pour la suite, les plats proposés sont nombreux et des plus alléchants juste à la lecture. Outre la salade de mesclun et la soupe servie en entrée, d'ailleurs très soignée et goûteuse, le chef propose des spécialités du jour qui varient en fonction des arrivages.

On n'a pas voulu épater la galerie dans ce petit resto ouvert seulement le midi, mais on arrive à remplir presque tous les jours de la façon idéale, soit le bouche à oreille.

Paul m'a fait découvrir ce véritable joyau qui offre certainement le meilleur rapport prix-qualité à Montréal. Manger de tels plats pour moins de 20 $, taxes comprises, est une aubaine pour les gastronomes. La formule est gagnante et séduisante.

Ainsi, le plat de flétan en croûte de pomme de terre mérite à lui seul toutes les étoiles et les médailles de ce monde.

La fraîcheur de ce qui demeure un des meilleurs poissons de nos côtes et la façon dont le chef actionnaire l'apprête ici rendent parfaitement heureux le convive que je suis. Une cuisson juste, une sauce qui ne masque en rien la chair du poisson et la gentillesse des gens qui le servent complètent ce bal gourmand. Paul avait choisi un plat tout aussi délicieux et parfaitement cuisiné: un calmar farci.

Une farce fine bien assaisonnée et accompagnée d'une purée de panais et de bons légumes frais donnait à ce mets à la texture tendre l'allure d'un plat de grand restaurant. Décidément, ce chef épate par son talent et sa simplicité.

Le resto du musée propose également une carte des vins et la vente de vins au verre à prix plus que corrects. De nombreux restaurateurs devraient s'inspirer d'une telle formule, qui plaît sans aucun doute.

Le dessert est unique, jamais banal, et vous est servi d'office sans autre choix possible. On nous proposait ce jour-là un nougat glacé avec un morceau de cake aux fruits ou un financier.

On rêve de prendre pour demeure ce restaurant qui se démarque en offrant une prestation hors pair à ses clients.

Haut lieu pour l'histoire de Montréal, le musée Pointe-à-Callière est devenu un rendez-vous pour les habitués du midi, un rapprochement entre l'art et la gastronomie.

- Prix payé pour deux personnes avec deux verres de vin, taxes et service compris: 65 $.

- Plus: la cuisine d'une grande simplicité d'un grand restaurant.

- Moins: un décor de cafétéria qui ne reflète en rien la beauté du musée.

***

L'Arrivage

350, place Royale, Montréal, 514 872-9128

***

Collaborateur du Devoir


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