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Gabriel RACLE
Envoyé Le jeudi 01 mai 2008 07:00



La question à se poser est la suivante : Pourquoi Stephen Harper veut-il contrôler directement toutes les communications non seulement de son gouvernement, c'est-à-dire celles de ses ministères et ministres, mais aussi celles des agents du Parlement, qui à ce titre ne relèvent pas de son autorité?

Pour ce qui est des ministères, on pourrait le comprendre, en ce sens que S. Harper n'accorde qu'une confiance limitée à des ministres inexpérimentés et craint des erreurs ou la divulgation d'informations qu'il veut garder sous le coude. C'est bien évidemment soit un aveu de ce manque de confiance, soit celui d'une volonté centralisatrice qui frise l'autoritarisme dictatorial.

Pour ce qui est des agences du Parlement, on peut déceler la craint, chez S. Harper, que celles-ci ne dévoilent des renseignements qui porteraient atteinte à son gouvernement et à lui-même, en faisant connaître des faits qui devraient rester dans l'ombre. Comment expliquer autrement cette « ébauche de politique de communication [qui] circulait récemment, une politique qui prévoit que toutes les stratégies de communication, toutes les communications, absolument tout, passeraient par le Bureau du Conseil privé », comme l'a déclaré la Vérificatrice générale, madame Fraser, dont l'indépendance totale est le gage de son action.

Dans les deux cas, il s'agit d'une manifestation évidente de faiblesse de la part de Stephen Harper. Un Premier ministre bien en selle, un gouvernement bien en place, n'a pas besoin de meures aussi draconiennes, il ne craint pas la divulgation d'informations puisqu'il n'a rien à cacher et que la transparence est la règle de son administration. Les tentatives de ce genre sont l'apanage de gouvernements dictatoriaux, de gouvernements où il se passe en coulisse des « choses » qu'il vaut mieux que la population ne connaisse pas.

Autrement dit, si le Premier ministre va de l'avant avec cette politique centralisatrice des communications, il montrera à tous une faiblesse psychologique manifeste, tout en ouvrant la porte à de multiples questions sur ce qui peut bien se passer dans les coulisses de son gouvernement, qu'il craint de voir dévoiler au public. Le carcan qu'il veut imposer à l'information n'augure rien de bon et fera - pour ne pas dire fait déjà avec les contrôles en place - que l'information gouvernementale perde toute crédibilité. Par exemple, que se passe-t-il réellement en Afghanistan? Pourquoi le chef d'état-major a-t-il donné sa démission? Qu'y a-t-il réellement derrière cette affaire? Et ailleurs?

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