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Facile et simpliste, peut-être?

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Gerry Pagé
Envoyé Le mercredi 30 avril 2008 10:00



Votre dernier paragraphe comporte des accusations graves qui s'apparentent à un procès d'intention, sans plus. Si la situation tragique de Omar Khadr est aussi simple que celle que vous tentez de démontrer ou dont vous tentez de nous persuader, ce n'est certes pas le lectorat du Devoir.com qu'il faut chercher à convertir à vos croyances et soumettre à cet exposé de votre virtuel endoctrinement.

Qu'attendez-vous alors pour faire pression sur les clans de l'Opéra bouffe où s'amusent les improvisateurs de l'Opposition majoritaire, à la Chambre des communes? À l'instar de l'unanimité plurielle dont la confiance aveugle et opportuniste à l'endroit du PDG d'Élection Canada a fait l'objet, pourquoi n'invitez-vous pas plutôt l'Union des Oppositions Fédérales à présenter une motion ayant le fort de l'unanimité électoraliste et la force de la solidarité partisane et anti-conservatrice, afin d'infléchir les Conservateurs et de forcer l'actuel gouvernement canadien à rapatrier Monsieur Khadr, ce pauvre enfant guérilléro, devenu adolescent carabinier, ayant été victime d'un paternel terroriste, ayant été éduqué et formé par les soldats d'Al Qaeda et tous les fous d'Allah? Votre excès de maternitude subite et à contre-courant, dans ce cas, étonne autant qu'il questionne.

Pour un occidental froussard, votre formule et vos conclusions vont dans le sens d'une interprétation grosse et très sommaire de l'intégrisme musulman, du double langage du Coran, de la foi aveugle de ces fervents intégristes ainsi que des croyances singulières de tous ces adeptes des folies du fondamentalisme d'Allah, en regard de l'épuration des infidèles impérialistes et des impies colonialistes et des impurs capitalistes. S'il s'agit des capitaux des omnipotents Émirs du Moyen-Orient, ça va toujours... Quant à ceux des Conglomérats états-uniens, rien ne va plus ...

Pour une journaliste de votre calibre, faire appel à autant de sensiblerie pour ramener et materner l'enfant machette et possiblement l'adolescent tueur, devant les caméras anti-états-uniennes, anti-Bush et par voie de conséquence, anti-Harper, c'est, me semble-t-il, à première vue comme au second regard, une façon à la fois simpliste et potentiellement charriée pour ne pas dire malicieusement tordue, de réduire à sa plus simple expression, une situation fort complexe qui n'est pas que judiciaire. Cette «Affaire Khadr», d'ailleurs, est tellement complexe, que quatre sommités en droit ont donné quatre interprétations qui diffèrent sérieusement et qui, à plus d'un égard, sont diamétralement opposées.

Du même souffle, auriez préconisé que l'on accueille avec toute la chaleur du laxisme canadien et que l'on fasse preuve de compréhension accommodante à l'égard du pakistanais débarqué à Toronto et à qui le Haut Commissariat du Canada à Londres avait niaisement (erreur administrative) remis un visa de résidence canadienne, si temporaire fut-il? Dans ce cas, nos fonctionnaires chargés de la sécurité, ont-ils agi comme des agents d'un État policier et de sécurité maximale plutôt que des agents d'un État de droit et de libertés? De quoi est donc faite la zone grise, dite «molle», en matière de la prévention efficace de la criminalité et de la dangerosité? Du bunker de la presse barricadée, que faites-vous donc des messages terroristes non équivoques qui ciblent les canadiens, les Québécois y compris?

Du même souffle, si les Commissions militaires sont des appendices d'occasion, potentiellement autoritaires et arbitraires qui, au surplus, pratiquent le terrorisme à rebours, laisse-t-on entendre, que pensez-vous donc des Commissions religionnaires pénitentiaires, des Commissions auxiliaires dispensaires, des Commissions judiciaires sommaires, des Commissions policières lapidaires, des «Commissions minoritaires des grabataires de notre Gouvernement de thuriféraires provinciaux très ordinaires» qui, ces dernière notamment et leurs substituts politiques Sous Commissionnaires, ne vivent que de diktats qui, jusqu'à ce jour d'avril 2008, ne semble mener la Nation du Québec nulle part ailleurs que sur les tablettes de l'attentisme et l'inaction et de l'inanition?

Gerry Pagé
Ville de Québec

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