Rogers sème l'émoi avec l'arrivée du iPhone

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François Desjardins
Édition du mercredi 30 avril 2008

Mots clés : Rogers, iPhone, téléphonie, Canada (Pays)

Un iPhone en démonstration dans une boutique de San Francisco. Lancé il y a un an par Apple aux États-Unis, l'appareil fera son apparition au Canada plus tard cette année par l'entremise de Rogers.

Photo: Agence France-Presse

Près d'un an après que AT&T eut lancé le iPhone aux États-Unis, Rogers n'a eu besoin hier que de trois phrases pour que la blogosphère perde, à nouveau, toute apparence de sang-froid. Si certains blogues ont estimé que «l'impossible vient de se produire» et se sont interrogés sur ce que coûtera le forfait mensuel, les internautes ont généré un raz-de-marée de commentaires dont le plus clair était probablement un de ceux aperçus sur Gizmodo.com: «I WANT I WANT I WANT.»

La logique veut depuis très longtemps que le iPhone d'Apple arrive au Canada par l'entremise de Rogers -- et non Bell ou Telus --, car l'appareil fonctionne sur le même mode que le réseau de la compagnie torontoise, c'est-à-dire GSM. La confirmation du président de Rogers, Ted Rogers, est venue par un bref communiqué quelques minutes avant celui portant sur ses profits du premier trimestre.

«Nous avons l'immense plaisir d'annoncer que nous lancerons le iPhone au Canada plus tard cette année, à la suite d'une entente que nous avons conclue avec Apple. Nous ne pouvons vous en dire plus pour le moment. Les détails seront communiqués bientôt», a dit M. Rogers.

Depuis juin 2007, Apple a vendu environ 5,4 millions d'appareils, dont 2,3 millions seulement entre les mois d'octobre et de décembre, en pleine période des Fêtes et après avoir baissé ses prix. En guise de comparaison, la compagnie a vendu entre octobre et décembre 10,6 millions d'appareils iPod, selon ses données trimestrielles dévoilées la semaine dernière.

Après avoir lancé son appareil aux États-Unis, Apple l'a mis en marché en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne. Chez AT&T, aux États-Unis par exemple, le moins cher des deux modèles d'iPhone coûte 399 $US et le forfait mensuel commence à 60 $US.

Les détails

En toute logique, les «détails» qui restent à être peaufinés pour que l'appareil traverse officiellement la frontière porteront sur le coût des forfaits mensuels offerts. Ce que certains blogueurs spécialisés ont jusqu'ici soumis comme hypothèse pour expliquer l'absence du iPhone au Canada porte depuis longtemps sur la réticence de Rogers à diminuer les tarifs qu'elle demande aux clients qui souhaitent naviguer sur Internet en tout temps.

Le propriétaire d'un ordinateur portable qui souhaite être branché à Internet en tout temps, sur le réseau de Rogers, doit débourser des frais mensuels d'au moins 65 $. Ce plan donne droit à des transferts de données totalisant un gigaoctets. Toutefois, puisqu'il s'agit d'un forfait de «données», il faut un forfait séparé pour avoir la téléphonie cellulaire, ce qui commence à 20 $, sans les bouquets d'options et les frais d'accès au réseau.

Puisque le iPhone est à la fois un téléphone et un appareil permettant de naviguer sur Internet, la logique la plus élémentaire voudrait que Rogers se dote d'une grille de tarifs susceptible de séduire des clients potentiels. Un analyste torontois a estimé que l'offre du iPhone permettrait à Rogers d'ajouter au cours de l'année 15 % plus d'abonnés qu'en temps normal.

Les fournisseurs de services sans fil, qui ne sont que trois au Canada, accordent beaucoup d'importance au «produit moyen par usager», c'est-à-dire ce que rapporte chaque abonné aux revenus de la compagnie. Chez Rogers, l'abonné mensuel génère 72,39 $ par mois, en forte hausse par rapport à 67,64 $ il y a un an.

Entre-temps, bon nombre de Canadiens ont traversé la frontière ou acheté un iPhone sur Internet. Après l'avoir déverrouillé, ils s'en servent comme téléphone et comme lecteur de MP3. Pour plusieurs, la navigation sur Internet, à moins d'avoir un forfait, consiste à profiter de la présence d'une connexion wi-fi dans les cafés, à la maison ou au bureau.

À l'automne 2007, Apple a estimé qu'au moins 250 000 appareils iPhone étaient utilisés à l'extérieur du réseau américain de AT&T.

Bénéfice en hausse

Par ailleurs, Rogers a publié hier ses résultats du premier trimestre. L'entreprise a engrangé un bénéfice net de 344 millions, comparativement à 170 millions l'an dernier à pareille période. La compagnie, qui offre aussi de la câblodistribution, de la téléphonie résidentielle et de l'accès Internet, a affiché des revenus de 2,6 milliards, comparativement à 2,3 milliards l'an dernier.

À la Bourse de Toronto, l'action de Rogers a grimpé de 3,6 % à 44,46 $. Depuis six mois, elle est en baisse de 7 %.


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Bye Bye Bell..... - par Stéphan Gauvin
Le mercredi 30 avril 2008 08:00

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