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Avocasseries versus droiture.
Que Jean Charest fasse quelques figurent de son patinage bottine habituel, sur la glace très mince du populisme qu'on lui a très temporairement imposé, tout le monde aura compris qu'il le fait au maximum de son opportunisme électoraliste, d'autant plus qu'il surf sur les sondages - nuages qui, lui a-t-on dit et croit-il d'ailleurs, lui seraient favorables, à défaut d'avoir sondé ailleurs que dans les repères libéraux, là où les talents de Pauline Marois et de Mario Dumont risquent encore de faire peur. Les pirouettes langagières et les entourloupettes verbeuses toutes aussi opportunistes que partisanes, font du trophéiste Jean Charest le plus insaisissable des transfuges et la plus énigmatique des girouettes politiques du Panthéon des guignols de l'ingérence (du temps qu'il était à Ottawa) et du Temple des marionnettes de l'ingouvernance (depuis qu'il est à Montréal ... PQ).
Nonobstant Charest, Fortier et Cloutier dont chacun pourrait meubler une série, à TQS / DIVERTISSEMENT, c'est définitivement le méli-mélo des cafouillis et embrouillaminis de la Ministre directement concernée, Monique Gagnon - Tremblay dont les Québécois se souviendront, malheureusement. Une muraille de graffitis verbeux, digne des étenderies et torchonneries qui tapissent les murs de la Catherine Est, symposium de la laideur montréalaise. C'est triste et malheureux, en considération du fait que Monique Gagnon - Tremblay est une ministre senior et EX vice première ministre du Québec. C'est également malheureux pour la cote des femmes en politique, que cette façon de parler d'un cheval avec de telles manières que même le cheval ne comprend pas que c'est de lui qu'il s'agit. C'est aussi très malheureux pour la crédibilité du gouvernement qui en prend pour son rhume libéral (ce qui échappe à certains sondeurs commanditaires), face à l'électorat qui se foute éperdument de Fortier, mais qui jamais n'oubliera que la vérité fut étirée, fut galvaudée, fut apprêtée aux goûts du jour et assaisonnée, aux besoins des humeurs de celle qui cuisinait la vérité, avec des sauces plus que piquantes! De plus, quand on dit publiquement, sous le couvert de l'immunité et de l'impunité, qu'un délégué général manque de jugement, il faut s'assurer, en tout premier lieu, qu'on n'en manque pas soi-même et que celui qui a poussé sa candidature n'en manquait pas non plus! N'est-ce pas?
Tout le monde, sauf un faible 10% des «libéraux un jour, libéraux toujours», restera avec le goût très amer et l'insoutenable arrière-goût que la vérité n'était pas au rendez-vous et surtout pas au menu simpliste de Monique Gagnon - Tremblay, ni au menu laxiste de Jean Charest. En bref, la vérité n'était pas au menu du PLQ.
Depuis le tout début de cette affaire qui, en soi, ne justifie en rien la paradeuse falbala de l'actuelle Commission parlementaire où les Oppositions, ne prêtant aucune attention aux dires de Cloutier, se payent un lunch en tentant de coincer l'ineffable et singulier Jean Charest ainsi que l'ingénue et contorsionniste Monique Gagnon - Tremblay, RIEN DE LA VÉRITÉ N'A TRANSPARU, avec la conviction, en bonus, que JAMAIS LA VÉRITÉ N'APPARAÎTRA. Ce genre de singeries dérange moins que leurs coûts défrayés à même notre endettement national et notre faillite sociétale.
La Ministre de la francophonie semble à court de vocabulaire, quand vient le temps de la précision et le temps d'appeler les choses par leurs noms propres, habituellement puisés au dictionnaire du français usuellement universel. La Ministre des relations internationales qui semble avoir été tenue à l'écart de toute cette bouillabaisse indigeste, récite, tant bien que mal et de pis en pis, les textes destinés au perroquet - perruche que l'on se plait à faire d'elle, dans un ministère ou la permanence la sait de passage ...
À entendre et à voir tourner en rond ces gens de l'actuel gouvernement minoritaire, on jurerait qu'ils nous prennent tous pour des ignares en attente ou en processus d'alphabétisation, faisant usage de quelques 200 mots dont 50 sacres, de quelques signaux d'un morse primitif et écrivant au son, comme au début de la colonisation. C'est possiblement un des effets secondaires et pervers du 400e anniversaire de la « colonie» ...
Enfin, ce que je déplore davantage, dans toute cette loufoque affaire de m'as-tu-vu aussi mal foutus et tous aussi clownesques les uns, les unes que les autres, c'est que la Ministre Monique Gagnon - Tremblay qui fait si distinguée et dont le CV fait état d'une «licence en droit», semble ignorer les vocables que requiert la vérité, c'est-à-dire ceux de la clarté, de la netteté et de l'univocité du 2+2=4. Ça semble tenir d'une seconde naturel ou d'une déformation professionnelle, que de substituer sans cesse les biais d'avocasseries douteuses aux billets de la droiture et de l'honnêteté ainsi qu'à ceux de la probité et de l'intégrité qui ne peuvent supporter qu'on les maquille, qu'on les grime et qu'on les asticote avec tous les fards d'un burlesque vaudeville dont ne s'accommoderont finalement que les facétieux plaisantins, les libéraux diablotins et amis de Scapin.
Gerry Pagé
Ville de Québec
