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Au contraire Mr. Descôteaux

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Pierre-Yves Pau (pierre-yves.pau@hec.ca)
Envoyé Le mardi 29 avril 2008 07:00



En tablettant le rapport Castonguay, le gouvernement Charest a *de facto* décidé d'accentuer davantage le virage vers le privé en santé; virage qui débouchera sur une hausse des tarifs éventuellement. Le Québec est déja la province ou le privé tient la plus grande place, alors comme on dit, 'the proof is in the pudding'.

Et ça va empirer. Parce que c'est exactement le plan de Charest et Couillard. C'est tout de même incroyable qu'un journaliste n'arrive pas à comprendre celà, de l'auto-aveuglement ou je ne m'y connais pas. La politique attentiste des Charest-Couillard permet en effet au privé de se développer à l'abri d'un cloisonnement qui est supposé *limiter*, mais qui en fait, par le jeu économique, protège son champ de pratique.

Et ça va donner, en moyenne, des tarifs plus élevés pour tout le monde, parce que le secteur privé va *vider* le secteur public des prestations rentables. Donc la charge des bénéficaires (en moyenne) va nécéssairement augmenter, la différence avec les augmentations de tarifs, c'est que ce sont exclusivement des intérêts privés qui en bénéficieront, grace au cloisonnement justement. Micro-économie 101, le principe du cartel: privé d'un coté, public de l'autre, chacun son 'marché', mais le public va se faire fourrer parce que l'argent gagne toujours.

Et c'est exactement le plan du gouvernement Libéral. La seule façon d'éviter cela serait d'encadrer le privé dans un deal donnant-donnant instituant un système mixte. Comme ça se fait dans toutes les sociétés social-démocrates. Rien dans la loi canadienne sur la santé et les directives d'application québécoise n'empêche cela. Sauf que, il semble que les journalistes québécois sont trop bouchés à l'émeri pour s'en apercevoir... ou complices, c'est l'un ou l'autre.

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