La crise de TV5Monde prend fin
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Bruxelles -- Un accord est intervenu hier sur la structure de direction de TV5Monde, a indiqué à l'AFP un responsable du dossier en Belgique, une annonce qui met fin à plusieurs mois de crise entre la France et ses partenaires sur l'avenir de la chaîne francophone.
Distinct du poste de président, le directeur général de la chaîne jouira d'une véritable autonomie, ce que réclamait notamment la Belgique.
Cet accord entre la France, la Communauté française de Belgique, la Suisse, le Québec et le Canada, intervenu lors de contacts hier entre hauts fonctionnaires, «sera normalement entériné» lors du conseil d'administration de TV5Monde cet après-midi à Paris, a ajouté le porte-parole.
Depuis des mois, la France et ses partenaires francophones au sein de TV5Monde s'affrontaient, ces derniers reprochant aux Français une attitude désinvolte et arrogante dans la gestion de ce dossier.
Seule la désignation du futur directeur général reste encore «en suspens», a indiqué Pascal Sac, en précisant que M. de Pouzilhac allait faire des propositions en ce sens.
«Sa nationalité n'a pas encore été décidée. L'important, c'est que ce soit le meilleur candidat possible, qui puisse faire la part des choses entre la volonté de rationaliser de Paris et le désir de maintenir l'autonomie et le côté multilatéral de TV5 des partenaires francophones», a poursuivi le porte-parole de Mme Laanan. «Ce n'est plus un tabou que ce soit un Français», a-t-il expliqué.
«Sous réserve de confirmation lors du conseil d'administration, on est plutôt satisfait. On a le sentiment que nos demandes de bon sens ont été plutôt bien entendues», a encore indiqué le porte-parole de Mme Laanan.
Rappelons qu'une source indiquait il y a quelques jours au Devoir que l'actuel patron des services français de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, pourrait être pressenti pour occuper le poste de directeur général.
Réforme
En août 2007, le président Nicolas Sarkozy avait réclamé une réforme de l'audiovisuel extérieur français, dans une optique de «rationalisation» et de dynamisation de l'ensemble.
Il a ainsi été décidé la création d'un holding de l'audiovisuel extérieur de la France, présidé par Alain de Pouzilhac. Mais les partenaires francophones de TV5Monde craignaient que cette chaîne ne soit réduite à n'être qu'«un outil de rayonnement franco-français». M. de Pouzilhac s'est toutefois montré rassurant aux yeux des francophones, en déclarant la semaine dernière qu'il était «totalement faux» de croire que TV5Monde «perdrait son indépendance et deviendrait la voix de la France».
Hier après-midi, une source proche du dossier évoquait un possible accord, que la Belgique a finalement confirmé en soirée. D'après cette source, les partenaires francophones non français présideraient deux des quatre comités stratégiques de la chaîne francophone.
«L'heure est à l'apaisement, on a l'impression que les partenaires français nous ont entendus», avait également déclaré hier à l'AFP le directeur de la Télévision suisse romande, Gilles Marchand.
Le holding chapeaute la chaîne France 24 et la radio RFI, et gère la participation française au sein de TV5Monde. Elle ne devrait détenir que 49 % de TV5Monde.

