Ghislain Picard portera la cause des Premières Nations devant l'ONU
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Le chef de l'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, affirme que sa patience a des limites et, devant ce qu'il appelle les discours creux des dirigeants politiques, il ira porter sa cause devant les Nations unies.
«Ceux qui me connaissent savent que je suis un homme calme, patient et diplomate. Mais je dois avouer que ma patience a atteint ses limites et que j'ai de moins en moins le goût de jouer le jeu de la diplomatie avec des politiciens qui se limitent aux beaux discours», a lancé M. Picard.
Le chef de l'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador a rencontré la presse, hier, pour confirmer sa participation aux discussions devant l'Instance des Nations unies sur les questions autochtones.
Richard Desjardins
Il était accompagné du cinéaste et chanteur engagé Richard Desjardins, dont le documentaire Le Peuple invisible sera d'ailleurs présenté, le 30 avril, dans le cadre des activités entourant la réunion de l'Instance. Son documentaire traite des conditions de vie de membres de la nation algonquine.
M. Picard ne trouve pas normal de devoir passer une grande partie de son travail de chef à faire du lobbying auprès des gouvernements pour leur prouver la réalité de la pauvreté des communautés autochtones, de leurs conditions de logement notamment.
«Les gouvernements, indépendamment de leur couleur, qu'ils soient à Ottawa ou à Québec, il faut tout le temps les ramener à cette réalité-là. On a fait grand état de la signature de la Paix des braves en 2002. Tant mieux pour les Cris; c'est très positif pour les Cris; mais il y a neuf autres nations au Québec», a ajouté M. Picard.
Dans le cadre de cette 7e session de l'Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones, M. Picard s'entretiendra également avec le Rapporteur spécial des Nations unies sur les questions autochtones. Il compte d'ailleurs lui rapporter «l'immobilisme des gouvernements du Québec et du Canada».
M. Desjardins, qui a connu un succès certain avec son autre documentaire L'Erreur boréale, sur l'exploitation de la forêt boréale, s'est dit heureux que son documentaire Le Peuple invisible soit présenté à cette instance des Nations unies.
«L'Erreur boréale a créé un climat de commotion assez spectaculaire au Québec. Mais ça portait sur les arbres. Ce film, Le Peuple invisible, porte sur ceux qui vivent dans les arbres: les Indiens. Ça n'a pas créé le même effet du tout. Comme on a souvent dit: l'industrie forestière, elle génère 20 milliards, mais un Indien, ça ne vaut rien», a déploré le cinéaste.

