Les talibans ratent Karzaï

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Claude Lévesque
Édition du lundi 28 avril 2008

Mots clés : Terrorisme, Hamid Karzaï, attentat, Afghanistan (Pays)

Les ambassadeurs du Canada et des États-Unis échappent eux aussi à l'attentat de Kaboul

Le président afghan, Hamid Karzaï, et le ministre afghan de la Défense, Abdul Rahim Wardak, photographiés sur un véhicule militaire peu avant l'attentat commis par un commando taliban, hier, lors d'une cérémonie officielle à Kaboul.

Photo: Agence France-Presse

Le président afghan, Hamid Karzaï, est sorti indemne, hier à Kaboul, d'un attentat revendiqué par les talibans et au cours duquel au moins trois personnes sont mortes et dix autres ont été blessées. M. Karzaï assistait, en compagnie de nombreux dignitaires, dont les ambassadeurs en poste en Afghanistan, à une cérémonie marquant le seizième anniversaire de la victoire des moudjahidines sur le régime communiste, sur une estrade aménagée en face de la plus grande mosquée de la capitale.

Selon le dernier bilan fourni hier soir, un parlementaire, le chef d'un groupe minoritaire chiite et un enfant de dix ans auraient trouvé la mort dans cette attaque. Auparavant, un porte-parole du ministère afghan de la Défense avait évoqué la perte d'un de ses soldats. Trois présumés talibans auraient par ailleurs été abattus, selon des sources officielles.

Les assaillants ont fait feu avec des fusils automatiques et des lance-grenades à partir de bâtiments situés à seulement quelques centaines de mètres du site, après qu'une fanfare eut joué l'hymne national afghan.

Le président Karzaï a été évacué rapidement par ses gardes du corps tandis que les autres spectateurs cherchaient à se mettre à l'abri.

Des témoins ont décrit des scènes de confusion alors qu'environ 3000 policiers et militaires, qui s'apprêtaient à participer à un défilé, se sont dispersés pour échapper au feu croisé des insurgés et de membres des forces de sécurité, qui a sévi pendant un quart d'heure.

La cérémonie était diffusée en direct par la télévision nationale afghane, mais la retransmission en a été interrompue peu après le début de l'attaque.

Un peu moins de deux heures après l'incident, le président afghan s'est présenté devant les caméras, annonçant l'arrestation d'une partie des assaillants. «Aujourd'hui, les ennemis de l'Afghanistan, les ennemis de la sécurité et du progrès de l'Afghanistan, ont essayé de perturber la cérémonie et ont provoqué du désordre et de la terreur, a-t-il déclaré. Heureusement, les forces militaires afghanes les ont encerclés rapidement et ont arrêté certains de ces suspects. Tout est calme, soyez rassurés.»

C'est au moins la quatrième fois que le président afghan survit à des attentats, les incidents précédents ayant eu lieu à Kandahar en septembre 2002, à Gardez en septembre 2004 et dans la province de Ghazni en juin 2007. En septembre dernier, il avait par ailleurs dû interrompre un discours dans un stade de Kaboul aux abords duquel se pressait une foule hostile.

Les talibans, une milice intégriste qui a gouverné l'Afghanistan entre 1996 et sa défaite aux mains d'une coalition internationale alliée à des groupes rivaux à l'automne 2001, ont revendiqué l'attentat d'hier, probablement le plus audacieux à survenir dans la capitale afghane depuis cette date.

Parlant d'une «attaque organisée» menée par six fedayins, un porte-parole taliban a précisé que «trois d'entre eux ont été tués et [que] trois autres ont survécu». Zabiula Mojahid, joint au téléphone par l'agence Associated Press à un endroit tenu secret, n'a pas confirmé la nouvelle de l'arrestation de membres du commando.

Le mouvement intégriste ne visait pas spécifiquement le président Karzaï, selon ce porte-parole. «Nous voulions simplement montrer au monde que nous pouvons attaquer là où nous le voulons», a prétendu M. Mojahid.

La journée d'hier marquait le 16e anniversaire de la victoire des moudjahidines afghans sur le régime communiste de Mohammed Najibullah, qui avait été mis en place par l'occupant soviétique pendant les années 1980.

L'ambassadeur du Canada à Kaboul, Arif Lalani, qui assistait à la cérémonie, s'en est tiré indemne, comme tous les dignitaires étrangers. «J'ai entendu des coups de feu alors que nous étions tous debout. Lorsque j'ai entendu d'autres coups de feu, il est devenu clair que l'événement allait être perturbé et que nous devions partir», a-t-il raconté au réseau CTV.

L'ambassadeur de Grande-Bretagne se trouvait également sur l'estrade, avec son homologue américain. «C'est arrivé à la fin d'une salve d'artillerie. J'ai vu une explosion et un nuage de poussière à gauche du défilé, puis j'ai entendu le craquement de tirs d'armes de petit calibre venant de toutes les directions. Après quelques hésitations, mon garde du corps m'a évacué en marchant accroupi», a-t-il dit.

Selon le quotidien américain New York Times, dont un journaliste a été témoin d'une conversation téléphonique tenue par un militaire afghan, une douzaine d'hommes auraient caché des kalachnikovs et des obus dans un restaurant voisin avant la cérémonie.

Des militaires américains avaient par ailleurs tué samedi plusieurs activistes lors d'un raid, au nord-est de Kaboul, qui visait un homme impliqué dans des attentats et qui envisageait des actions pour perturber les cérémonies d'hier. Plusieurs civils ont été blessés dans la bataille, selon l'armée américaine.

Comme chaque année, les hostilités s'intensifient avec l'arrivée du printemps en Afghanistan où, l'an dernier, elles auraient fait environ 8000 victimes, selon les Nations unies.

L'attentat d'hier a été condamné par plusieurs gouvernements ainsi que par l'ONU et l'OTAN, dont plusieurs dizaines de milliers de militaires sont actuellement déployés en Afghanistan.

«Des tels actes de violence n'influeront pas sur notre engagement de créer un Afghanistan meilleur», a déclaré un porte-parole de la force de stabilisation de l'OTAN. Des propos repris en substance dans une déclaration officielle faite par le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jaap de Hoop Scheffer.

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Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, Reuters et Le Monde


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pointe de regret - par henri gabrysz
Le lundi 28 avril 2008 18:00

Monsieur Michaud, les Talibans sont la créatures de a CIA pour lutter contre les sovietiques - par Dominic Pageau
Le lundi 28 avril 2008 15:00

Guerre sainte - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le lundi 28 avril 2008 14:00

L'afghanistan a encore besoin de nos troupes... - par andré michaud
Le lundi 28 avril 2008 08:00

Pays perdu? - par Gabriel RACLE
Le lundi 28 avril 2008 07:00

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