Futur CHUM: une aile de Saint-Luc devra être démolie
Mots clés : PPP, CHUM, Hôpital, Construction, Montréal
Le projet de construction en PPP aura plus d'envergure que prévu
Le casse-tête du futur CHUM continue de se complexifier. La rénovation de l'hôpital Saint-Luc présente des difficultés telles que l'aile sud devra être démolie pour faire place à un nouvel édifice qui pourrait être construit selon la formule de partenariat public-privé (PPP), a appris Le Devoir.Cette décision s'est imposée d'elle-même, a expliqué le directeur général adjoint du CHUM et responsable du projet du futur hôpital (CHUM 2010), Sylvain Villiard. «À coût égal, il n'y a pas de différence que ce soit une rénovation ou une construction neuve de l'aile sud. Il vaut mieux avoir l'efficience d'un bâtiment neuf», a-t-il soutenu au Devoir.
Dans le projet du CHUM, l'hôpital Saint-Luc doit être rénové de fond en comble selon la formule traditionnelle, alors que le nouvel édifice doit être érigé à l'arrière en PPP. En démolissant l'aile sud, le bâtiment neuf prendra donc de l'expansion. Ainsi, ce changement élargira le champ d'action du partenaire privé qui doit être choisi pour la construction et l'entretien du futur CHUM.
Deux consortiums sont dans la course pour ce contrat d'une durée de 35 ans. Chacun présentera une proposition de PPP, et le gouvernement devrait trancher au printemps 2009, si l'échéancier est respecté.
L'aile sud de Saint-Luc représente environ 20 % de tout l'hôpital, ce qui rétrécit d'autant l'ampleur du mandat des professionnels (architectes, ingénieurs et gestionnaires) embauchés pour la rénovation.
La maîtrise d'oeuvre publique du projet semble s'amenuiser de plus en plus. Déjà, au cours des derniers mois, le design architectural du futur hôpital a complètement échappé au CHUM. Ce sont les architectes du consortium privé qui auront le dernier mot.
Avec l'analyse effectuée, il s'agissait de savoir comment l'édifice peut répondre aux nouvelles normes de construction et être parfaitement fonctionnel tout en minimisant les travaux. «On va construire à peu près la même superficie, mais, pour les coûts d'opérations, il y aura un gain, a affirmé M. Villiard. Par exemple, en terme d'énergie, on consomme de façon générale 2,65 gigajoules [un gigajoule équivaut à l'énergie produite par 26 litres de mazout ou 278 kilowattheures d'électricité] par mètre carré. L'objectif pour le futur CHUM est une consommation de 1,65 GJ par mètre carré.»
Outre la question de consommation énergétique, la solidité des fondations de ce bâtiment construit en 1931 soulève des questions. C'est également vrai pour la possibilité d'y installer des équipements de haute technologie. La démolition ne s'applique toutefois pas aux autres parties de l'hôpital comme celle qui longe le boulevard René-Lévesque. L'aile nord doit surtout servir pour les chambres d'hospitalisation.
Le choix de démolition devrait également avoir une répercussion positive sur la facture totale, croit le directeur exécutif des projets de modernisation du CHUM, du CUSM et de Sainte-Justine, Clermont Gignac. «C'est mieux de démolir. Normalement, ça devrait coûter moins cher. On se donne tout l'été pour évaluer ça», a-t-il fait valoir.
Les projets des trois CHU nécessiteront un investissement de 3,6 milliards de dollars, dont une somme de près de 2,2 milliards prévue pour les chantiers en PPP. La différence doit servir à la rénovation de Saint-Luc, de l'hôpital général de Montréal et de Sainte-Justine. À lui seul, le CHUM devrait coûter 1,6 milliard. Mais rien encore n'est sûr quant au prix final de cette aventure qui se fait attendre depuis 12 ans.
Les travaux d'analyse étaient incontournables, compte tenu de l'écart entre le projet initial de rénovation du CHUM (présenté en 2004) et celui conçu en fonction des besoins précisés au fil des ans. «En 2004, le projet pour Saint-Luc n'était qu'une rénovation légère, précise M. Gignac. Il y a ce que l'on doit faire, ce que l'on devrait faire comme amélioration et ce qui pourrait être fait pour l'embellir mais qui n'est pas nécessaire. Ce dernier élément n'est pas pris en compte», a indiqué Clermont Gignac.
Vos réactions
Erreur monumentale - par jean-marie francoeur
Le mardi 29 avril 2008 11:00
La farce continue; une autre façon de augmenter les coûts - par Roger Dion
Le lundi 28 avril 2008 10:00

