Haïti - Préval désigne un nouveau premier ministre
Mots clés : Éricq Pierre, René Préval, Gouvernement, Haïti (pays)
Port-au-Prince -- Le président haïtien, René Préval, a désigné hier Éricq Pierre comme premier ministre, au terme de deux semaines de consultations laborieuses depuis la destitution de Jacques-Édouard Alexis, alors que le pays est confronté à une grave crise alimentaire.
Éricq Pierre est actuellement conseiller pour Haïti auprès de la Banque interaméricaine de développement (BID). Si sa nomination est confirmée par le Parlement, elle va permettre de mettre fin au vide politique dans lequel le pays était plongé depuis le samedi 12 avril et la destitution de l'ex-premier ministre Jacques-Édouard Alexis par le Sénat.
M. Alexis avait dû quitter le pouvoir après deux semaines d'émeutes causées par la flambée des denrées alimentaires de base et qui ont fait six morts, environ 200 blessés et de nombreux dégâts matériels. C'était la première grave crise politique et sociale du pays depuis l'élection en février 2006 de René Préval à la présidence du plus pauvre pays du continent américain.
La flambée des prix des produits alimentaires, enregistrée dans le monde entier, est très fortement ressentie dans un pays comme Haïti où 70 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour.
Au cours de la première quinzaine d'avril, des manifestations pour protester contre le prix de denrées comme le riz avaient eu lieu dans plusieurs villes haïtiennes et parfois dégénéré en émeutes, comme à Port-à-Prince et aux Cayes. Pour tenter de calmer la population, le président René Préval avait annoncé, le même jour que la destitution de son premier ministre, une baisse de huit dollars, soit 15 %, du prix d'un sac de 50 kilos de riz.
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En l'absence d'une majorité présidentielle, M. Préval avait immédiatement lancé des discussions avec des partis représentés au Parlement pour former un nouveau gouvernement.
Alors que la moitié des 8,5 millions d'Haïtiens sont au chômage, la nouvelle équipe au pouvoir va devoir rapidement affronter la crise alimentaire qui pourrait menacer la stabilisation de ce pays secoué par des crises politiques à répétition.
Le secrétaire d'État français à la Coopération, Alain Joyandet, s'est dit au cours d'une visite sur l'île ces derniers jours «personnellement choqué» des conditions dans lesquelles vivaient la plupart des habitants.
En l'absence d'un État fort et d'infrastructures et avec une pauvreté qui épargne peu de Haïtiens, la sécurité est un gros problème malgré la présence d'une mission de l'ONU (Minustah) forte de près de 10 000 soldats et policiers.
Pour faire face à l'urgence de la crise alimentaire, la communauté internationale a assuré être au côté de l'île des Caraïbes et pris des mesures d'urgence.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Haïti a notamment indiqué parachever un plan d'action sur six mois, et la Banque mondiale, la FAO et des pays comme les États-Unis, la France et le Brésil ont déjà annoncé une augmentation de leur aide à Haïti.

